Le deuxième jour du Forum économique organisé conjointement par le Fonds de Promotion de l’Industrie (FPI) et le « Department of Trade, Industry and Competition » (DTIC) d’Afrique du Sud s’est révélé particulièrement riche en échanges et en perspectives.
Cette plateforme s’est affirmée comme une véritable porte d’entrée pour les investisseurs sud-africains désireux d’identifier des opportunités encore largement inexploitées en République Démocratique du Congo, notamment dans le secteur stratégique de l’agro-industrie.
D'après la cellule de communication du FPI, le panel consacré à cette thématique a mis en lumière les ambitions industrielles portées par les autorités Congolaises, tout en identifiant les leviers structurants nécessaires pour maximiser l’impact économique et social des investissements agricoles. Les discussions ont souligné le rôle central de l’agro-industrie dans la diversification de l’économie nationale, la création d’emplois et le renforcement de la souveraineté alimentaire.
Intervenant à cette occasion, le ministre d’État, ministre de l’Agriculture et de la Sécurité alimentaire, Muhindo Nzangi, a insisté sur l’urgence d’accroître la production locale d’engrais et de pesticides. Pour le membre du gouvernement, la réduction de la dépendance aux importations d’intrants agricoles constitue un levier essentiel pour améliorer la productivité, sécuriser les chaînes d’approvisionnement et soutenir durablement l’industrialisation du secteur agricole.
Toutefois, au-delà de cette priorité industrielle, les échanges ont mis en évidence un maillon encore insuffisamment exploité : la connaissance scientifique et numérisée des sols. Les participants ont relevé que produire localement des intrants modernes représente une avancée significative, mais que leur efficacité économique et agronomique reste limitée lorsque leur utilisation n’est pas fondée sur une compréhension fine des caractéristiques des terres cultivées.
Cette asymétrie entre des technologies agricoles avancées et une connaissance encore partielle des sols freine l’impact réel des investissements et limite les gains de productivité attendus. En l’absence de données fiables et exploitables, l’application des engrais et des pesticides demeure approximative, ce qui réduit les rendements, accroît les coûts de production et augmente les risques pour les investisseurs.
Dans ce contexte, la cartographie numérisée des sols a été présentée comme un véritable actif stratégique national. Des données précises, fiables et granulaires permettraient d’optimiser l’utilisation des intrants, de structurer le marché agricole, de renforcer la confiance des investisseurs et d’améliorer la performance globale de la chaîne de valeur, depuis la production jusqu’à la transformation.
La mise en place d’une infrastructure numérique dédiée intégrant des tests de sols automatisés et une cartographie fine à l’échelle nationale apparaît ainsi comme un levier déterminant pour transformer le potentiel agricole de la RDC en une agriculture moderne, compétitive et pilotée par les données. Une approche intégrée jugée indispensable pour maximiser le retour sur investissement des futures unités de production d’engrais et réduire les risques liés aux investissements agricoles.
En conclusion, les échanges ont convergé vers un constat clair : la cartographie des sols ne constitue pas un simple outil technique, mais un pilier de crédibilité économique. Elle conditionne la performance durable de l’agro-industrie congolaise et positionne la RDC comme un acteur agricole émergent et compétitif à l’échelle régionale et continentale.
DM Ngovoka