À la suite de l’adoption par l’Assemblée générale des Nations-Unies d’une résolution qualifiant la traite transatlantique des Africains de crime d’une extrême gravité contre l’humanité, le Bénin se positionne en acteur clé du combat pour la justice mémorielle et les réparations historiques.
Dans un communiqué officiel, le ministère Béninois des Affaires étrangères salue une avancée majeure, rappelant que cette reconnaissance internationale constitue un acte de vérité essentiel pour des millions de victimes arrachées à leur terre et à leur dignité. Co-sponsor de la résolution, le Bénin réaffirme son engagement à faire de cette question une priorité sur la scène internationale.
Au-delà de la reconnaissance symbolique, le pays insiste sur la nécessité d’aller plus loin.
« Nommer ces crimes pour ce qu’ils sont est un devoir de vérité. Les réparer est une exigence de justice », souligne le communiqué, traduisant une volonté claire de faire évoluer le débat vers des mesures concrètes en faveur des peuples africains et afro-descendants.
Héritier d’une mémoire douloureuse en tant que terre de départ de la traite négrière, le Bénin entend porter cette voix dans toutes les enceintes internationales. Cette posture s’inscrit dans une démarche déjà engagée, notamment avec l’adoption en juillet 2024 d’une loi accordant la nationalité béninoise aux personnes d’ascendance africaine, ouvrant la voie à une reconnexion historique et identitaire.
À travers cette prise de position, Cotonou ne se limite pas à un devoir de mémoire : le pays ambitionne de transformer la reconnaissance du passé en levier politique et diplomatique, afin que la question des réparations ne reste plus marginale dans les débats internationaux.
Ce positionnement du Bénin intervient dans un contexte où plusieurs États africains et organisations plaident pour une reconnaissance plus forte des injustices historiques et leurs conséquences contemporaines, relançant ainsi un débat longtemps resté sensible sur la scène mondiale.
Diddy Mastaki