Le président du Sénat de la République démocratique du Congo, Modeste Bahati Lukwebo, a adressé ce mardi 10 mars 2026 une communication à ses collègues sénateurs pour clarifier ses propos controversés tenus lors d’une conférence de presse le 04 mars, dans le contexte du débat sur la révision de la Constitution.
Dans ce message, le professeur Bahati Lukwebo explique que certaines de ses déclarations ont été mal interprétées et sorties de leur contexte, soulignant qu’il n’a jamais exprimé d’opposition à une éventuelle révision constitutionnelle.
La phrase qu’il avait prononcée, « changer de mentalités avant de changer les textes », visait selon lui à encourager un débat interne au sein de la majorité présidentielle, l’Union sacrée de la Nation, avant toute initiative de révision.
Le président du Sénat a présenté ses excuses pour toute incompréhension générée par ses propos et a réaffirmé sa loyauté au président Félix Tshisekedi ainsi que son engagement au sein de la coalition au pouvoir.
Dans sa communication, Bahati Lukwebo a également dénoncé ce qu’il qualifie de « cabale » autour de l’acquisition de la succursale de Bukavu de la brasserie Bralima par le groupe Heineken. Il a par ailleurs exprimé son soutien aux initiatives diplomatiques visant à rétablir la paix dans l’Est du pays, citant notamment l’accord de Washington et la mise en œuvre de la résolution 2773 du Conseil de sécurité de l’ONU, qui appelle au cessez-le-feu et à la préservation de l’intégrité territoriale de la RDC.
Malgré ces clarifications, la contestation au sein du Sénat ne faiblit pas. Le sénateur Danny Kabongo, initiateur de la pétition visant la destitution de Bahati Lukwebo, a affirmé que la démarche se poursuit et aurait déjà recueilli plus de 47 signatures parmi les sénateurs.
« Il n’est plus question de faire marche arrière », a-t-il déclaré, laissant entendre que la procédure pourrait suivre son cours malgré les excuses formulées par le président de la chambre haute du Parlement.
Cette situation illustre la tension persistante au sein de l’institution législative, alors que la question de la révision constitutionnelle demeure au centre des débats politiques en RDC. Les prochains jours seront déterminants pour savoir si la pétition aboutira ou si un compromis politique sera trouvé pour apaiser les divisions.
Diddy Mastaki