Le Dr Denis Mukwege réagit à l’initiative de dialogue national annoncée par le président Félix Tshisekedi. Dans une déclaration, le prix Nobel de la paix estime que les conditions actuelles ne permettent pas, selon lui, de garantir un dialogue véritablement inclusif et national.
Denis Mukwege exprime des réserves sur le dialogue national annoncé par le président de la République, Félix Tshisekedi. Pour lui, une telle démarche devrait être précédée par des mesures destinées à apaiser le climat politique et sécuritaire en République démocratique du Congo.
Le médecin et prix Nobel de la paix déplore notamment que l’initiative ne soit pas portée par un acteur qu’il considère comme suffisamment neutre.
« Nous regrettons que cette initiative ne vienne pas d’un acteur neutre et qu’elle ne soit pas précédée de mesures de décrispation politique », déclare Denis Mukwege.
Dans sa déclaration, Denis Mukwege établit également un lien entre la tenue d’un dialogue national et la situation sécuritaire du pays.
Selon lui, pour que ce dialogue puisse être considéré comme véritablement national, il devrait intervenir après le rétablissement de la souveraineté de l’État congolais sur l’ensemble du territoire national.
Cette position intervient alors que plusieurs zones de l’est de la RDC restent affectées par les violences armées et les déplacements de populations. La situation sécuritaire constitue ainsi l’un des principaux enjeux auxquels sont confrontées les autorités congolaises.
Le prix Nobel de la paix se prononce également sur la question de la révision constitutionnelle. Il demande au pouvoir de reporter ce débat dans le contexte actuel.
« Alors que le pays est en guerre et confronté à une grave crise sanitaire, nous exhortons le régime à reporter le débat sur la révision constitutionnelle », affirme-t-il.
Denis Mukwege invoque notamment les articles 219 et 220 de la Constitution, estimant que leur prise en compte est nécessaire pour éviter, selon lui, « une nouvelle période d’instabilité institutionnelle ».
Un débat qui intervient dans un contexte de fortes tensions
La question d’un dialogue national, tout comme celle de l’évolution du cadre constitutionnel, intervient dans un contexte marqué par la crise sécuritaire dans l’est du pays et par des débats politiques sur l’avenir des institutions.
À travers sa déclaration, Denis Mukwege appelle ainsi à privilégier, avant toute démarche institutionnelle majeure, des mesures de décrispation politique, la restauration de l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire et un cadre de dialogue qu’il juge suffisamment inclusif et neutre.
Son intervention vient alimenter le débat national sur les conditions, le calendrier et les objectifs d’un éventuel dialogue politique en République démocratique du Congo.
Diddy Mastaki