Le député national Néné Kashinde dénonce un sentiment d’injustice et de discrimination lié à la fermeture de l’aéroport de Bunia, en province de l’Ituri. Lors d’une motion d’information à la plénière de l’Assemblée nationale, mercredi 21 octobre 2026, il a sollicité l’intervention du bureau de cette institution auprès du gouvernement pour obtenir la réouverture rapide de cette infrastructure.
L’élu reconnaît que la fermeture de l’aéroport avait été décidée dans le cadre des mesures visant à limiter la propagation de l’épidémie d’Ebola. Il estime cependant que l’évolution de la situation sanitaire à Bunia devrait conduire les autorités à réexaminer cette décision.
« Pourquoi seulement l’Ituri ? Pourquoi l’Ituri devrait-elle supporter une mesure particulière alors que d’autres provinces, confrontées à des situations sanitaires comparables, continuent de bénéficier de la desserte aérienne ? », a-t-il interrogé devant les députés nationaux.
Pour Néné Kashinde, le maintien de cette mesure a des conséquences sur la mobilité des personnes, les échanges commerciaux, les investissements ainsi que les déplacements des organisations humanitaires et des partenaires au développement.
Le député affirme que cette situation nourrit, au sein de la population de l’Ituri, un sentiment d’injustice et de discrimination. Selon lui, certains habitants vont jusqu’à interpréter cette fermeture comme une forme de punition ou un complot contre leur province.
L’élu a également évoqué la situation d’autres provinces, notamment Nord-Kivu le Haut-Uélé et la Tshopo, qu’il estime confrontées à des situations sanitaires comparables, sans que leurs aéroports soient soumis à la même mesure.
S’appuyant sur le règlement sanitaire international, Néné Kashinde a plaidé pour le renforcement des dispositifs de surveillance sanitaire à l’aéroport de Bunia, plutôt que le maintien de sa fermeture.
« Les règlements sanitaires internationaux n’autorisent pas la fermeture de l’aéroport. [Ils préconisent] plutôt de renforcer les systèmes de surveillance à l’aéroport », a-t-il déclaré, appelant les autorités à mettre en place une équipe chargée d’assurer le suivi sanitaire.
Le député national a enfin demandé au bureau de l’Assemblée nationale d’intervenir auprès du gouvernement afin que l’aéroport de Bunia puisse reprendre rapidement ses activités.
À ce stade, aucune décision de réouverture n’a été annoncée dans le cadre de cette intervention. Les accusations d’injustice et de discrimination rapportées dans cet article reflètent la position exprimée par le député et ne constituent pas, à elles seules, la preuve d’un traitement discriminatoire établi.
Joël Heri Budjo