L’Intercommunautaire du Nord-Kivu à Kinshasa digère mal les propos tenus par la députée nationale Hermione Bolumbe lors de la plénière du 21 octobre 2026 à l’Assemblée nationale. Dans un message d’indignation, cette structure représentant les différentes communautés du Nord-Kivu dénonce ce qu’elle qualifie d’ « acharnement » contre Muhindo Nzangi, ministre d’État, ministre de l’Agriculture et Sécurité alimentaire, et appelle l’élue à rectifier publiquement ses déclarations.
À l’origine de cette réaction, une séance plénière consacrée à la réponse de Muhindo Nzangi à la question orale avec débat lui adressée par Hermione Bolumbe. Cette dernière l’interrogeait sur des soupçons de détournement de 57 millions de dollars Américains destinés au Projet d’entrepreneuriat des jeunes dans l’agriculture et l’Agro-business (PEJAB), financé par la Banque Africaine de développement (BAD).
Tout en reconnaissant la légitimité du contrôle parlementaire et l’obligation de redevabilité des membres du gouvernement, l’Intercommunautaire estime que la députée a dépassé les limites du débat démocratique en réclamant, à plusieurs reprises selon son communiqué, que le ministre soit « sacrifié ».
Des propos jugés offensants pour les communautés du Nord-Kivu
Pour l’Intercommunautaire, l’emploi du terme « sacrifier » revêt une signification particulièrement grave au regard des traditions et des sensibilités culturelles des communautés du Nord-Kivu. La structure considère ces propos comme une atteinte à la dignité d’un fils de la province, dans une région éprouvée par des décennies de conflits armés et de violences.
Dans son message, il exprime son indignation et réaffirme son soutien à Muhindo Nzangi, qu’il présente comme l’un des symboles du patriotisme et de la défense de l’intégrité territoriale de la République Démocratique du Congo. Il met également en garde contre les conséquences que de telles déclarations pourraient avoir sur l’unité nationale et la cohésion sociale.
Un appel à la rectification sans remettre en cause le contrôle parlementaire
L’Intercommunautaire du Nord-Kivu précise toutefois que son indignation ne vise pas à remettre en cause les prérogatives constitutionnelles de l’Assemblée nationale. Il reconnaît le droit des députés de contrôler l’action gouvernementale et d’exiger des explications sur la gestion des fonds publics.
Il demande néanmoins à Hermione Bolumbe de rectifier publiquement les propos incriminés, estimant que le débat sur la gestion des ressources publiques doit se dérouler dans le respect des personnes et dans un esprit de responsabilité patriotique.
Par ailleurs, cette structure appelle les patriotes Wazalendo à maintenir leur détermination sur les lignes de front au Nord-Kivu et au Sud-Kivu, tout en les exhortant à ne pas céder aux manœuvres susceptibles de fragiliser la cohésion nationale.
En conclusion, l’Intercommunautaire plaide pour une République Démocratique du Congo où le vivre-ensemble, la concorde et le respect mutuel prévalent sur les divisions. Pour cette organisation, l’heure est à la consolidation de l’unité nationale et à la transformation des rapports de force en une force de dialogue et de rapprochement entre Congolais.
Pacheco Kavundama