La course pour contenir l’épidémie de maladie à virus Ebola en République Démocratique du Congo est loin d’être terminée, a alerté Médecins Sans Frontières (MSF), appelant à ne pas considérer l’épidémie comme étant sous contrôle malgré le ralentissement observé dans certaines zones.
« Considérer que l’épidémie est sous contrôle parce que certains Centres de traitement Ebola (CTE) reçoivent moins de patients serait une erreur », a déclaré Anthony Kergosien, coordinateur des urgences de MSF à Bunia, cité dans un communiqué de l’organisation publié vendredi.
Selon MSF, la situation semble effectivement ralentir en Ituri, épicentre initial de l’épidémie. Toutefois, à l’échelle nationale, le nombre de nouveaux cas n’aurait pas diminué. L’organisation estime que le virus se déplace désormais vers de nouvelles zones où les capacités de préparation et de riposte restent limitées.
Le Sud-Ubangi est devenu la septième province touchée, tandis que le Nord-Kivu représente désormais près de la moitié des nouveaux cas confirmés, selon MSF. L’organisation fait également état d’une forte hausse du taux de positivité dans cette province et estime que des chaînes de transmission non détectées pourraient s’installer dans certains foyers.
Cette évolution intervient alors que la RDC a franchi le cap de 7.200 cas confirmés et 3.500 décès depuis le début de l’épidémie en mai, selon les données citées par MSF. Le rapport épidémiologique national faisait état, au 14 septembre, de 7.258 cas confirmés et 3.510 décès.
Face à cette situation, MSF indique déployer des équipes de réponse rapide chargées notamment de la détection précoce des cas, de la prise en charge des patients, de la prévention et du contrôle des infections, du suivi des contacts, de la surveillance épidémiologique et de l’engagement communautaire.
À Bambu, dans une zone de santé où une équipe de réponse rapide est déployée, MSF souligne notamment la pression exercée sur un système de santé confronté au manque de personnel, au sous-financement et à des capacités limitées de référencement des patients.
« L’épidémie pousse ces structures fragiles au-delà de leurs limites », a expliqué Anthony Kergosien, estimant que les équipes de MSF assurent une réponse de première ligne en attendant un renforcement de la riposte globale.
MSF appelle enfin à une mobilisation accrue des agences des Nations unies, notamment de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), afin de renforcer les différents piliers de la riposte dans les zones éloignées des principaux centres opérationnels. L’organisation estime que ce soutien permettrait notamment de renforcer la surveillance, la détection des cas, la prise en charge médicale, le suivi des contacts et l’engagement communautaire.
Joël Heri Budjo