En pleine progression de la maladie à virus Ebola en République Démocratique du Congo (RDC), les activités de riposte sont perturbées dans la zone de santé de Nia-Nia, dans le territoire de Mambasa, en Ituri. Depuis le vendredi 23 octobre 2026, des prestataires de terrain ont cessé le travail pour réclamer le paiement de près de trois mois d’arriérés de primes.
Selon la radio Okapi, les grévistes conditionnent la reprise de leurs activités à la régularisation intégrale de leur situation financière. Dans une déclaration rendue publique vendredi, ils affirment ne plus avoir perçu leurs primes depuis août, malgré plusieurs démarches entreprises auprès des autorités sanitaires et des partenaires humanitaires.
La mobilisation concerne des équipes intervenant dans des secteurs essentiels de la lutte contre l’épidémie, notamment la surveillance épidémiologique, la communication sur les risques et l’engagement communautaire (CREC), ainsi que la prévention et le contrôle des infections (PCI).
Les prestataires disent avoir multiplié les initiatives pour obtenir le paiement de leurs primes, entre ultimatums, rencontres avec les responsables de la riposte et échanges avec les autorités. Ces démarches n’auraient toutefois pas permis de trouver une issue satisfaisante.
Leur Porte-parole, le Docteur Willy Ngeleza, invoque les risques auxquels les équipes sont exposées dans l’exercice de leurs fonctions pour justifier cette décision.
« Nous décrétons une grève sèche générale et illimitée des activités dans la zone de santé de Nia-Nia. Toutes les activités sont suspendues jusqu’au paiement intégral de nos primes », a-t-il déclaré.
Cette cessation de travail intervient alors que des cas d’Ebola continuent d’être signalés dans certaines aires de santé situées en périphérie du centre de Mambasa, selon des sources sanitaires locales. La suspension des activités pourrait ainsi compliquer la surveillance épidémiologique, la sensibilisation des communautés et l’application des mesures de prévention et de contrôle des infections dans la zone concernée.
Au moment de la publication de son article, la radio Okapi n’avait pas encore obtenu de réaction des autorités provinciales ni des responsables de la riposte contre Ebola en Ituri.
Gloire Malumba