Les violences armées dans le territoire de Beni, au Nord-Kivu, menacent de compromettre davantage la lutte contre l'épidémie d'Ebola. Le directeur général du Centre Africain de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC), Jean Kaseya, appelle à l'établissement urgent d'un « corridor de paix » afin de faciliter l'accès des équipes sanitaires et humanitaires aux populations affectées.
Dans une réaction à l'attaque meurtrière perpétrée à Cantine-Aloya, le responsable d'Africa CDC a exprimé sa profonde indignation face aux violences ayant coûté la vie à des civils et touché des infrastructures sanitaires alors que la province est confrontée à une épidémie d'Ebola.
Selon Jean Kaseya, les conséquences de cette insécurité sont particulièrement préoccupantes pour la réponse sanitaire. Des centaines de personnes atteintes ou suspectées d'être infectées par le virus auraient quitté leurs lieux de résidence pour échapper aux violences.
La fuite des malades complique la riposte
Le déplacement massif de ces personnes constitue un risque supplémentaire pour le contrôle de l'épidémie. Il pourrait notamment perturber le suivi des contacts, la surveillance épidémiologique ainsi que la continuité des soins destinés aux patients.
Pour le patron d'Africa CDC, toute interruption de ces interventions augmente les risques pour les populations.
Il souligne que l'impossibilité pour les équipes médicales d'atteindre les communautés concernées peut favoriser la circulation du virus et rendre plus difficile l'identification de nouvelles infections.
Un corridor humanitaire pour accéder aux populations
Face à cette situation, Jean Kaseya plaide pour la mise en place urgente d'un corridor de paix garantissant la sécurité des civils, des malades et du personnel soignant.
Cette mesure devrait permettre aux équipes sanitaires et humanitaires de rejoindre les zones affectées, de poursuivre les activités de surveillance et d'assurer la prise en charge des personnes exposées au virus.
L'appel d'Africa CDC intervient dans un contexte où les violences armées constituent un obstacle majeur aux interventions sanitaires dans l'Est de la République Démocratique du Congo.
Pour l'organisation continentale, la sécurisation des zones touchées est désormais indispensable pour éviter que les conséquences du conflit ne viennent aggraver la crise sanitaire.
Diddy Mastaki