La MONUSCO veut que le problème « M23 » soit réglé une bonne fois pour toutes et dans la « transparence »
Après un séjour de 10 jours à Goma, au Nord-Kivu, la cheffe de la mission de l’ONU en RDC, Bintou Keita, qui se dit engagée, comme la mission qu’elle dirige, auprès de l’armée congolaise pour faire face aux attaques du M23 , a déclaré mercredi dans un communiqué qu’il est temps que ce problème soit réglé une fois pour toutes.
Bintou Keita a déclaré que pour mettre fin une fois pour toutes au problème du « M23 », plusieurs solutions s’offrent aux autorités congolaises, notamment “une réponse militaire ferme à toute provocation ou attaque”.
« La MONUSCO a utilisé tous ses moyens, y compris ses hélicoptères, pour riposter aux attaques et soutenir l’armée congolaise. Elle continuera à le faire, en plaçant toujours la protection des civils au cœur de sa stratégie, mais avec la plus grande détermination, dans le strict respect des droits de l’homme et du droit international humanitaire », a également déclaré la cheffe de la MONUSCO, revenant sur le rôle que la mission a joué aux côtés de l’armée congolaise dans les affrontements contre le M23.
D’après Bintou Keita qui a insisté que les violences qui secouent les territoires de Rutshuru et Nyiragongo ne profitent à personne, pour résoudre ce problème, il faut aussi une réponse politique où chacun s’engage de bonne foi.
Sur ce, elle a rappelé : “Les pays de la région ont eux-mêmes créé des mécanismes, notamment le Mécanisme conjoint de vérification élargi chargé de surveiller et d’enquêter sur les incidents de sécurité dans la région des Grands Lacs”, insistant sur le fait que “c’est la collaboration et la transparence qui doivent prévaloir” car pour elle, “les attaques, les tensions et la désinformation ne font qu’ajouter de l’instabilité à l’instabilité, du désordre au désordre et de la souffrance à la souffrance”.
Parallèlement, Bintou Keita, qui appelle à “la désescalade, l’apaisement et la retenue”, estime qu’une réponse opérationnelle est toute aussi importante, d’autant que la réapparition du M23 est un “rappel douloureux de l’urgence absolue de lancer l’opérationnalisation du programme DDRCS province par province”. D’après Madame Keita, si ce programme n’est pas bien mis en œuvre, il y aura toujours le risque de voir les groupes armés se reconstituer et redevenir une menace pour la population civile.
Et de promettre : “la mission continuera à travailler en étroite collaboration avec les autorités pour protéger autant que possible les populations civiles”, d’autant plus que la menace à laquelle ont fait face les populations de Rutshuru ces dix derniers jours, pèse sur celle de l’est du pays en général d’une manière générale. Bintou Keita liste pour ce cas précis, le Petit Nord, les Hauts-Plateaux du Sud-Kivu, la région de Beni, les territoires d’Irumu, de Djugu et de Mahagi”.
« Mobiliser l’armée, mobiliser les casques bleus, redéployer des troupes, a forcément des implications négatives sur les autres régions où opèrent l’armée nationale et la MONUSCO. Et donc sur les populations qui dépendent de nous pour leur sécurité, surtout face à la folie meurtrière des ADF ou du CODECO” reconnaît le numéro un de la MONUSCO, qui explique que la désescalade doit être amorcée au plus vite, et les groupes armés, notamment le M23, “doivent déposer les armes sans condition, et une réponse régionale et internationale unie, sincère et déterminée doit être assurée”.
Enfin, concernant l’aspect humanitaire, la cheffe de la MONUSCO, qui parle de plus de 70 000 personnes déplacées suite aux violences depuis le 19 mai, dont certaines ont fui en Ouganda , a assuré que les Nations Unies se mobilisent pour apporter une aide humanitaire.