Ituri : Plus de 60 civils tués par des hommes armés en moins de deux semaines (OCHA)
En Ituri, la situation sécuritaire chaotique constante inquiète. Les dernières semaines, des hommes porteurs d’armes à feu ont ôté la vie à plusieurs civils innocents, dont des enfants.
OCHA constate une détérioration continue des problèmes de sécurité dans la province de l’Ituri, principalement dans le territoire de Djugu et Irumu suite à l’activisme des groupes armés dont les miliciens de Codeco, du FPIC, du FRPI et du Zaïre mais aussi les rebelles ougandais des ADF.
Dans un rapport publié par les Nations unies, l’OCHA dénombre plus de 60 morts au cours des deux semaines entre le 30 juillet et le 11 août 2022. Plusieurs autres personnes ont été enlevées, dont des femmes et des enfants, précise l’organisation.
Cette situation restreint l’accès humanitaire et son impact sur les civils en Ituri reste préoccupant. Quelque 38 500 personnes ont été contraintes de fuir leur domicile.
Sur le front de l’alimentation
OCHA rapporte que les populations
touchées par le conflit ont besoin de protection, de nourriture, d’abris, d’articles ménagers de base et de soins de santé. Malheureusement, les contraintes sécuritaires continuent d’affecter les opérations humanitaires, notamment dans le territoire d’Irumu, privant des milliers de personnes d’une assistance vitale.
Plus de 9 500 personnes déplacées ont été privées d’aide à Komanda suite à la suspension des activités d’une ONG internationale le 9 août, en raison d’une insécurité accrue. De même, en raison des attaques récurrentes à Boga, aucune aide n’a été fournie dans la région depuis la reprise des violences en juillet, laissant plus de 47 000 personnes sans assistance. Entre le 7 et le 29 juillet, la violence armée dans la zone de santé de Boga a fait au moins 37 victimes civiles. Plus de 80 autres personnes ont été enlevées, dont une quarantaine d’enfants, et plus de 700 maisons ont été incendiées.
Il ajoute que le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a néanmoins pu fournir des médicaments aux centres de santé de Boga et Tchabi pour 10 000 personnes pendant les trois prochains mois.
Mais la protection est le besoin le plus urgent pour la population sur place. Les autres besoins concernent la nourriture, les abris, les articles ménagers essentiels, les soins de santé et l’eau, l’hygiène et l’assainissement. La résurgence de la violence pourrait freiner l’élan de retour des personnes déplacées dans leurs villages observé dans la région ces derniers mois.
Non loin de là, dans la zone de santé de Nyankunde, des affrontements entre deux groupes armés signalés le 22 juillet dans plusieurs villages ont coûté la vie à au moins huit civils et déplacé plus de 11 000 personnes, selon les partenaires humanitaires. Ces violences ont contraint plusieurs organisations humanitaires à suspendre leurs activités dans les aires de santé d’Olongba et de Singo (zone de santé de Gety) et de Sezabo (zone de santé de Nyakunde).
Dans la zone de Lolwa, territoire de Mambasa, une nouvelle attaque armée a été lancée dans ce même territoire. Dans ce territoire, une nouvelle attaque armée dans la localité de Lolwa le 10 août a entraîné le déplacement de plus de 20 000 personnes dans la zone de santé de Lolwa.
Ces personnes étaient rentrées entre mai et juillet 2022 dans les zones de santé de Mabangifo, Lolwa et Tolitoli. Cette attaque intervient après une accalmie de trois mois dans la zone.