Le chef du village Buhama, dans le groupement Kibati, en territoire de Nyiragongo, dénonce la montée exponentielle de la criminalité dans son entité. Une situation qui frappe non seulement la population locale, mais également les différents camps des déplacés qui ont été érigés pour accueillir les victimes des conflits armés dans les zones sous occupation du M23.
Sikitu Kamundu, chef du village Buhama, décrie cette situation qui devient de plus en plus déplorable en dressant un bilan non détaillé de certains cas d'assassinats, dont le plus récent est celui d'un jeune déplacé d'environ seize (16) ans, tué par des hommes armés dans le camp de Nyakabanda la soirée du dimanche dernier.
« Les cas d'assassinats sont devenus presque normaux. Ce n'est pas le premier cas. Avant-hier, on a encore décapité un chef de quartier et peu de temps avant, un déplacé a été tué alors qu'il était aux champs. Même mon père a été tué en novembre 2023. Nous sommes dans une grande insécurité. Vraiment, nous demandons que le gouvernement nous aide à rétablir la sécurité ici », a souligné Sikitu Kamundu.
Par ailleurs, certains déplacés interrogés par Congorassure.cd imputent cette recrudescence de l'insécurité à des hommes armés qui pénètrent chaque soir dans leur camp avec des armes à feu. Ceux-ci se livrent à des tracasseries, des arrestations arbitraires et à des tueries.
« Chaque soir, des hommes armés entrent dans le camp. Ils nous harcèlent, tirent des coups de feu à chaque instant. Ils nous tuent sans contrôle. Depuis que nous sommes ici en novembre 2022, nous avons déjà totalisé quinze (15) personnes tuées par balle. Nous sommes vraiment trop insécurisés ici », explique un déplacé.
Ceux-ci trouvent insupportable ce mode de vie et demandent l'implication du gouvernement à tous les niveaux pour assurer leur sécurité et surtout mettre fin à la guerre dans leurs milieux d'origine pour garantir leur retour.
Pour rappel, cette partie du territoire de Nyiragongo a enregistré depuis l'intensification de la guerre un grand nombre d'hommes armés. Depuis ce temps, c'est une confusion qui règne non seulement chez la population, mais aussi chez les services de l'ordre qui ne parviennent pas à distinguer les forces loyalistes de Wazalendo. Ce qui a comme effet négatif la montée de la criminalité dans cette zone.
Diddy Mastaki