Les groupes Wazalendo opérant sur le front du Sud-Kivu affichent une opposition ferme au dialogue national annoncé par le président Félix Tshisekedi. Réunis jeudi 30 juillet, les responsables militaires et politiques de la résistance ont conditionné toute participation à ce processus au retrait préalable du M23/AFC des territoires occupés dans l'Est de la République Démocratique du Congo.
Dans une déclaration publique, les Wazalendo estiment que les priorités du moment demeurent le renforcement des capacités militaires sur le terrain et la reconquête des zones sous contrôle rebelle.
« Les Wazalendo demandent au chef de l'État de les appuyer avant tout en armes, en munitions et en logistique afin d'empêcher l'ennemi d'avancer et de mettre fin à son plan de terroriser, tuer et violer les populations », ont-ils déclaré.
Les responsables de la résistance considèrent qu'un dialogue organisé alors que le M23 contrôle encore une partie du territoire national serait prématuré.
« Il n'y aura pas de dialogue tant que le M23 et le gouvernement parallèle existent encore dans notre pays », ajoutent-ils.
Les Wazalendo affirment qu'ils ne rejettent pas le principe d'un dialogue entre Congolais, mais estiment que celui-ci ne pourra être crédible qu'après la restauration de l'autorité de l'État sur les zones occupées.
« Le dialogue intercongolais ne pourra avoir lieu qu'après le retrait du M23 du territoire Congolais et devra se tenir avec la participation effective des Wazalendo », poursuivent-ils.
Les déclarants revendiquent leur statut d'acteurs majeurs de la défense du territoire national et estiment qu'ils doivent être pleinement associés aux discussions sur l'avenir du pays.
Dans un ton particulièrement ferme, ils préviennent que si leurs revendications ne sont pas prises en compte, ils se réservent le droit d'agir.
« Si cela n'est pas fait, les fils et filles de Lumumba et de tous les héros qui se sont sacrifiés pour ce pays passeront en action et agiront au nom des Wazalendo », disent-ils.
Cette prise de position intervient alors que les consultations autour d'un dialogue national inclusif se poursuivent en RDC sous l'impulsion du chef de l'État et de plusieurs confessions religieuses. Elle illustre les profondes divergences qui persistent entre les différents acteurs sur les conditions préalables à l'ouverture d'un processus de dialogue destiné à résoudre la crise politique et sécuritaire que traverse le pays.
Diddy Mastaki