La ville de Goma, chef-lieu du Nord-Kivu connaît une prolifération des marchés noirs destinés à la vente des biens de seconde main communément appelés « Tora » ou parfois « Bwana ». Des marchés qui sont mal vus par certains habitants, victimes des vols, d'extorsion ou d'autres formes de banditisme urbains comme celà paraît être une réalité à Goma.
Sur presque chaque rue du chef-lieu du Nord-Kivu, des étalages foisonnent avec surtout des appareils de télécommunication, des téléphones portables de toute marque, des ordinateurs, des postes téléviseurs et d'autres appareils électroménagers de seconde main. Cette pratique a même des galeries entières mais l'origine des marchandises reste souvent opaque.
A leur avis, certains habitants accusent le phénomène « Tora » de recèle, estimant que la quasi-totalité de leurs marchandises sont issues des vols et extorsions, bien que les tenanciers de ces points de vente, et d'ailleurs certifiés par la mairie de Goma prouvent le contraire en affirmant de la légalité de leurs activités.
« Les autorités doivent fermer tous ces marchés noirs dits Tora. Ça favorise les vols dans la ville. Si on te vole le soir, le matin tu retrouves tes biens dans les Bwaka. Si c'est un téléphone tu le retrouve chez Tora. Mais chose grave, ces marchés sont protégés par les mêmes autorités. Ils paient des taxes alors qu'ils sont parmi les causes de l'insécurité dans la ville », explique une habitant.
Par ailleurs, ce qui est de fois surprenant, des policiers et autres agents de sécurité commis dans des patrouilles nocturnes restent focus aux téléphones de la population civile. Ils s'en accaparent par force, mais sont retrouvés dans des marchés noirs où tout se vend à moindre coup.
Diddy MASTAKI