La capitale provinciale du Nord-Kivu, Goma, connaît une augmentation inquiétante de la criminalité urbaine, marquée par des fusillades, des vols, des extorsions et des incursions d'hommes armés dans les maisons des civils.
Par Diddy Mastaki, Goma
Malgré la surmilitarisation de la zone, cette situation exaspère les habitants de la ville volcanique et suscite de nombreuses réactions.
CONGORASSURE.CD est allé à la rencontre de plusieurs habitants de la ville de Goma le mardi 16 juillet. Lors des différents échanges, nombreux facteurs ont été identifiés comme étant à l'origine de cette détérioration du système de sécurité de la ville.
Il s'agit notamment de la présence d'un grand nombre de militaires incontrôlés au sein de la population, de l'existence d'un grand nombre de volontaires de la défense nationale appelés Wazalendo, de la dégradation de la situation socio-économique depuis la guerre du M23 et de la fragilité du système judiciaire.
"Nous ne savons plus comment décrire la situation que nous vivons actuellement dans cette ville. Nous vivons dans une grande incertitude sécuritaire. Chaque jour, il y a des tueries dans presque tous les coins de la ville. A mon avis, nos forces de sécurité en portent la plus grande part de responsabilité. Il y a un certain nombre de militaires incontrôlés, la justice ne semble pas faire son travail correctement, la guerre du M23 a plongé tout le monde dans la pauvreté, c'est vraiment compliqué", explique un habitant qui préfère garder l’anonymat.
Plusieurs autres gomatraciens ont par ailleurs soulevé la question des éléments de la police et des soldats qui sont basés à Goma depuis des décennies sans avoir été transférés. Ils estiment que cela les amène à être au courant des mouvements de tous les citoyens, ce qui pourrait contribuer à l'insécurité.
Le week-end dernier, lors de la présentation d'un groupe de présumés auteurs de cette insécurité, le maire de Goma, le Commissaire Supérieur Principal Faustin Kapend Kamand, est également revenu sur la question cruciale de la justice et de la présence des militaires parmi ceux qui déstabilisent la ville.
Kamand Kapend Faustin a appelé les autorités judiciaires à faire correctement leur travail, après avoir constaté qu'un des malfrats arrêtés avait été libéré à plusieurs reprises sans aucune forme de procès.
La question récurrente reste celle du renforcement des mesures de sécurité pour permettre à la population de vivre en paix, surtout au moment où elle vit dans la peur et l'incertitude financière à cause de l'étouffement de Goma par la guerre menée par la rébellion du M23 dans plusieurs territoires de la province.