Près d’une quarantaine de personnes ont déjà été tuées depuis le début de l'année dans le site de déplacés de Jangi, situé dans la localité de Drodro en territoire de Djugu, au nord de la ville de Bunia, capitale de la province de l'Ituri.
Par Joël Heri Budjo, Bunia
Plusieurs autres personnes ont été blessées et des femmes violées, a indiqué le responsable du site au service d'information publique de la MONUSCO à Bunia. Par ailleurs, ces chiffres figurent dans un rapport sur les personnes déplacées présenté au chef adjoint de la Mission de l'Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO), Vivian Van de Perre, en visite dans la province de l'Ituri.
"Les menaces se poursuivent, la milice CODECO continue de harceler la population civile sur les routes et dans la brousse. La population locale ne peut pas vaquer librement à ses occupations à cause de la présence des groupes armés. Dans la zone de Drodro, il y a une prolifération d'armes légères et lourdes, et le circuit d'approvisionnement de ces armes et munitions n'est pas contrôlé", ont déclaré les déplacés de Drodro dans une déclaration lue à la délégation de l'ONU.
Et même dans les lieux où ils se sont réfugiés pour trouver un peu de tranquillité, ils continuent à être menacés et attaqués par ce groupe armé. Comme ce fut le cas en mars 2024, lorsque ces miliciens ont attaqué l'hôpital de Drodro, causant d'énormes pertes en vies humaines, le déplacement massif des patients et de la population, ainsi que des pillages et d'importants dégâts matériels.
Ces personnes déplacées veulent absolument retourner dans leurs villages, mais la vie dans les camps n'est pas facile. Sans source de revenus, avec peu d'assistance, des conditions de vie difficiles, une nourriture à laquelle beaucoup ne sont pas habitués, la désorientation. Beaucoup de ces personnes déplacées vivent dans des conditions parfois inhumaines.
Cependant, si leur retour dans leurs communautés respectives reste leur souhait le plus cher, ces personnes ont des conditions préalables à ce retour. Il s'agit notamment du rétablissement d'une paix durable et de la récupération de toutes les armes détenues illégalement par les groupes armés.
"C'est grâce aux casques bleus de la MONUSCO que nous sommes en vie et que nous nous sentons en sécurité ici. C'est la MONUSCO qui nous protège", ont-ils ajouté. C'est pourquoi le site se trouve à seulement deux mètres de la base des casques bleus.
Sur place, le chef adjoint de la MONUSCO s'est longuement entretenu avec les personnes déplacées afin de connaître leurs conditions de vie et de se faire une meilleure idée du type de menaces sécuritaires auxquelles elles sont confrontées.
Le comité des déplacés du site de Jangi a profité de l'occasion pour remercier la MONUSCO pour la protection apportée par ses casques bleus, qui ont fui les attaques du groupe armé CODECO dans leur région.
"Nous sommes en sécurité grâce aux casques bleus de la MONUSCO qui nous protègent. On ne devrait pas envisager le désengagement de cette mission tant que les groupes armés détiennent les armes", ont-ils déclaré.
Les casques bleus de la MONUSCO patrouillent tous les jours, jour et nuit, à pied et en voiture, autour et à l'intérieur du camp. Cela permet aux personnes déplacées d'accéder à leurs champs situés à la périphérie du site.
Le Représentant spécial adjoint a souligné qu'il n'y a pas encore de calendrier précis pour le désengagement de la MONUSCO de l'Ituri, où de nombreux défis subsistent. Vivian Van de Perre a réitéré le soutien de la Mission au gouvernement congolais pour assurer la paix. Cela permettra aux personnes déplacées de retourner dans leurs villages d'origine.
« Dans la province de l'Ituri, Vivian Van de Perre s'est rendue à Drodro dans le territoire de Djugu, puis à Idohu et Komanda dans le territoire d'Irumu. Partout, elle a rencontré des leaders communautaires, des représentants de la société civile et des associations de femmes, ainsi que des personnes déplacées sur le site de Jangi à Drodro », indique Jean Tobi Okala, chef de l’Information Publique.