Malgré l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu depuis le dimanche 4 août 2024, les combattants du M23 continuent d’étendre leur emprise sur le territoire de Rutshuru. Cette trêve, instaurée sous l’égide de Luanda, n'a pas freiné la progression des insurgés, qui ont dans la matinée du mercredi 07 août pris le contrôle de Nyakakoma, une enclave de pêche située sur la côte Est du lac Édouard. Cette localité se trouve à proximité de Nyamilima et Ishasha, déjà sous le contrôle du M23, renforçant ainsi leur position stratégique dans la chefferie de Bwisha.
Selon les témoignages locaux, les rebelles du M23 sont arrivés à Nyakakoma vers 9h15 sans rencontrer de résistance significative. Les seuls tirs observés semblaient provenir des forces navales et des Wazalendo, probablement pour créer une diversion.
Un incident notable a été rapporté : « une bombe est tombée sur un logement sans faire de victimes, mais un jeune homme a été blessé par une balle perdue et a été transporté à l’hôpital », comme le confirme une habitante de Nyakakoma.
La prise de Nyakakoma a entraîné un déplacement massif des habitants vers des zones plus sûres. Nombreux d'entre eux traversent le lac Édouard en pirogue pour se réfugier dans des villages tels que Talyha, Kamandi, et Mubana. D'autres préfèrent rester dans la cité malgré la menace persistante. Les Wazalendo se sont dirigés vers le parc national des Virunga, tandis que les forces navales ont également quitté les lieux, exacerbant la peur et l'incertitude parmi les résidents restants.
Les Wazalendo qui cohabitaient avec les forces navales à Nyakakoma, se sont dispersés vers des villages reculés dans le parc national des Virunga, tels que Chondo et Kamuororo. Josué Mukura, président de la fédération des pêcheurs du lac Édouard, exprime une profonde inquiétude quant à l'impact des combats sur les activités de pêche, déjà perturbées par les affrontements. L'inquiétude est palpable parmi les civils, qui se sentent abandonnés malgré la promesse d'un cessez-le-feu.
Le gouvernement Congolais, les autorités Rwandaises et les médiateurs Angolais, dirigés par le président João Lourenço, ont tenté de relancer le processus de paix avec un cessez-le-feu supervisé par un mécanisme renforcé. Cependant, le président Félix Tshisekedi, depuis Bruxelles, a souligné que ce cessez-le-feu avait été demandé par le Rwanda et a réaffirmé qu'aucune négociation avec le M23 n'était envisagée tant que les rebelles continuent leurs avancées. Les défenseurs des droits humains et la société civile appellent à une action plus déterminée du gouvernement Congolais face à cette escalade de la violence.
Gloiredo Ngise