Ce lundi 12 août 2024, la partie nord de la ville Goma, au Nord-Kivu est plongée dans un silence inhabituel tout au long de la matinée, en signe de deuil après une fusillade survenue la nuit précédente. L'incident s'est produit à Kihisi, dans le village Rukoko, en territoire de Nyiragongo, où des hommes armés non identifiés ont attaqué un lieu de deuil, faisant un mort et cinq blessés graves.
La fusillade a déclenché une vague de protestations contre l'escalade de la criminalité. Dès le matin, les manifestations ont paralysé l'axe routier Kihisi-Vision 2020, avant de s'étendre à d'autres quartiers de la commune de Karisimbi, tels que Majengo, Katoy, Virunga, et Mabanga-Nord. Ces zones, situées au nord de la ville, sont devenues des foyers de violence récurrents au cours de l'année écoulée.
L'activité économique est totalement à l'arrêt, avec l'absence de transports en commun et de circulation. Les seules personnes visibles sont des jeunes impliqués dans des affrontements avec les forces de sécurité, qui tentent de maîtriser la situation. Les rues, normalement animées, sont silencieuses à l'exception des cris d'oiseaux.
Des barricades constituées de pierres et de poubelles obstruent les routes, empêchant l'arrivée de renforts de la sécurité. La seule activité perceptible est celle des forces de l'ordre qui tirent en l'air pour disperser les manifestants. Un véhicule a d'ailleurs été brûlé par les manifestants à quelques mètres du Marché de Majengo.
Le bilan des affrontements est encore incertain, avec plusieurs interpellations et des blessés supplémentaires dus aux balles perdues. Aucune communication officielle des autorités n’a été faite pour apaiser la population, et la situation reste tendue.
Diddy MASTAKI