Dans la province de l’Ituri, 174 démobilisés dont 5 femmes issues des groupes armés CODECO, FRPI et FPIC ont reçu des kits civils et de l’argent pour leur prise en charge et la réalisation des activités génératrices de revenus. C’était à l’occasion de la clôture du projet des travaux à haute intensité de main-d’œuvre exécuté par l’Organisation Internationale de Migrations (OIM), il y a deux mois.
Une cérémonie marquée des scènes de liesse et des danses de ces ex-combattants, qui s’apprêtent ainsi à retrouver leurs communautés d’origine. Chacun de ces 174 ex-combattants a reçu une somme de 225 dollars Américains de l’OIM. Cette somme va permettre à chacun de répondre à certains besoins prioritaires et de faire le commerce pour la prise en charge de leur famille.
« OIM nous a donné un peu d’argent, nous en sommes très reconnaissants. Nous allons envoyer une partie à la maison pour la famille. Le reste va me servir dans une activité de mon choix : faire le commerce de poissons Kasenyi en vue de répondre à certains besoins », a déclaré Chantal une femme d’une trentaine d'années d’âge révolu qui fait partie des 174 ex-combattants.
La MONUSCO de son côté, à travers sa Section DDR-S, leur a offert des kits civils composés entre autres de pantalons, de draps, de babouches, de couvertures ou encore de pagnes pour les femmes. C’est pour un retour digne dans la communauté, mais aussi une façon d’encourager ceux-là qui hésitent encore à quitter la brousse, pour la vie civile, faute de prise en charge adéquate, qui est leur principal alibi.
« C’est pour répondre au mandat qui nous est assigné, à savoir : accompagner le programme de PDDRC-S. Les 174 kits comprenant chacun 11 items, c’est pour permettre un retour honorable et digne de ces ex-combattants dans leurs communautés d’origine, après avoir passé environ 2 ans au site de Diango, afin qu’ils retournent dans leurs milieux d’origine dignement habillés. C’est aussi un signal envoyé à ceux et celles qui hésitent encore à déposer les armes pour qu’ils rejoignent le programme de DDRC-S : ils doivent comprendre qu’une fois déposées les armes, ils ne seront pas abandonnés, comme ils le pensent souvent », indique-t-on du côté de la MONUSCO.
Le bureau provincial du PDDRC-S en Ituri a, lors de cette activité officielle qui a eu lieu au site de Diango à une dizaine de kilomètres de Bunia remis à ces ex-combattants des attestations de démobilisation pour leur permettre de vaquer désormais librement à leurs activités. Flory Kitoko, son coordonnateur intérimaire, indique que ces démobilisés seront déployés dans leurs communautés respectives en attendant l’effectivité du programme de réinsertion sociale. Il précise.
« Aujourd’hui, ce n’est pas pour dire que les démobilisés qui vont recevoir 225 dollars, vont rentrer dans la communauté le lendemain Non. Nous sommes encore avec eux, le reste du processus, on va vous donner le calendrier. Le programme national à travers la coordination nationale, va programmer un jour pour faire sortir les démobilisés officiellement pour rentrer dans leurs communautés », ajoute la même source.
Dans cette partie sud de la ville de Bunia, Chef-lieu de la province de l’Ituri, les travaux de main-d’œuvre réalisés par ces ex-combattants ont permis de réhabiliter des routes de desserte agricole, notamment Shari-Kunda-Mwanga-Lipri qui alimentent la ville de Bunia en vivres.
Joël Heri Budjo