La situation sécuritaire dans le territoire de Lubero continue de se dégrader, marquée par une montée en puissance des groupes armés et une occupation militaire quasi-totale. Selon Muhindo Tafuteni, président de la société civile de Lubero, plus de 80 % de cette région est désormais sous contrôle de divers groupes armés, laissant aux Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) seulement 20 % du territoire.
La présence persistante et grandissante de groupes armés locaux, ainsi que l'avancée des rebelles du M23 soutenus par le Rwanda, intensifient l'insécurité et posent un défi humanitaire majeur.
« Avec l’occupation de la majorité du territoire, la situation humanitaire reste dramatique », affirme Muhindo Tafuteni.
Cette occupation génère une atmosphère de peur constante au sein des populations civiles, qui sont souvent prises au piège dans ces affrontements sans assistance humanitaire adéquate.
Muhindo Tafuteni déplore également les conflits internes entre certains groupes armés, qui, au lieu de concentrer leurs forces contre le M23, préfèrent s'attaquer les uns aux autres. Cette dynamique de violence interne exacerbe la vulnérabilité des populations civiles, confrontées à une insécurité accrue et à des déplacements massifs.
Des milliers de personnes sont contraintes de fuir leurs foyers en raison de l'instabilité. Ces déplacés internes, souvent exposés aux conditions de vie précaires, manquent de soutien et de ressources.
« Depuis des mois, ces familles déplacées sont abandonnées à elles-mêmes, sans aucune aide », souligne le président de la société civile, attirant l’attention sur la situation humanitaire alarmante dans le territoire.
Face à cette situation de crise, Muhindo Tafuteni exhorte le gouvernement Congolais à lancer des opérations militaires de grande envergure pour reprendre le contrôle des zones occupées et contrer la progression du M23 et des autres groupes armés. Il estime qu'une action coordonnée pourrait aider à rétablir la sécurité dans le territoire et à ramener une certaine stabilité pour les populations locales.
La société civile de Lubero appelle également à un soutien international pour renforcer les efforts humanitaires et répondre aux besoins urgents des personnes déplacées et des victimes de ce conflit prolongé.
Diddy MASTAKI