Dans une région marquée par des décennies de conflits, un vent d’espoir souffle grâce au programme « Muda wa Amani », initié par le Programme de Désarmement, Démobilisation, Relèvement Communautaire et Stabilisation (P-DDRCS). Ce projet, mis en œuvre dans la ville de Butembo et le territoire de Lubero, a transformé 281 ex-combattants et jeunes vulnérables en entrepreneurs, leur offrant une nouvelle chance de contribuer positivement à leurs communautés.
Ces bénéficiaires, parmi lesquels des femmes et hommes, ont été sélectionnés dans le cadre des efforts de stabilisation et de réintégration communautaire. Pendant cinquante (50) jours, ils ont participé à des travaux communautaires tels que la réhabilitation et le nettoyage des routes dans leurs milieux de réinsertion. À la fin de leur engagement, chacun a reçu une rémunération totale de 250 dollars Américains, correspondant à un salaire journalier de 5 dollars.
Les fonds perçus ont permis à plusieurs bénéficiaires de lancer de petites activités génératrices de revenus. Pour mieux comprendre l’impact de ce programme, nous avons rencontré certains participants dans leurs milieux naturels.
Jean-Luc, ancien combattant et père de trois enfants, a investi son argent dans l'achat d'un moulin à grains pour sa communauté. « J’ai compris que cette chance devait servir à bâtir quelque chose de durable. Aujourd’hui, je gagne assez pour nourrir ma famille et envisager l’avenir avec sérénité ».
Fatouma, mère célibataire et ancienne victime des conflits, s’est tournée vers la vente de produits agricoles. « Avec cet argent, j’ai démarré une petite activité au marché local. Cela m’a donné une dignité que j’avais perdue », a-t-elle déclaré.
*Un modèle à reproduire*
Le projet « Muda wa Amani » démontre que l’inclusion des ex-combattants et des jeunes à risque dans des initiatives communautaires peut être une solution efficace pour réduire l’insécurité et renforcer la cohésion sociale. En offrant non seulement des fonds, mais aussi une vision, le programme crée un impact durable.
L’avenir de ces initiatives dépend désormais du renforcement des financements et d’un suivi rigoureux pour assurer leur pérennité et aller vers la consolidation de la paix dans cette région ayant compté depuis lors un nombre accru des groupes armés.
Diddy MASTAKI