Le phénomène « recrutement d’enfants » dans les groupes armés reste une plaie ouverte pour la province du Nord-Kivu. Plus de 10 000 enfants, garçons et filles confondus, continuent d’être exploités par ces factions, a révélé Raphaël Lumoo, représentant du réseau des organisations de la société civile œuvrant contre le recrutement des mineurs.
Malgré les efforts des acteurs de protection, seuls 21 % des enfants enrôlés ont été récupérés depuis janvier 2024. À ce jour, 1 471 garçons et 999 filles restent encore actifs dans divers groupes armés de la région. Cependant, une lueur d’espoir réside dans la récupération de 2 500 enfants, dont 1 851 garçons et 409 filles, grâce à des opérations de sensibilisation et de secours.
Raphaël Lumoo a identifié plusieurs freins majeurs à la récupération de ces enfants :
1. Zones inaccessibles : Les affrontements et l’insécurité empêchent les interventions dans plusieurs territoires;
2. Manque de financement : Les initiatives de sensibilisation et de réintégration des enfants souffrent d’un manque de moyens.
Pour endiguer cette tragédie, Lumoo plaide pour des mesures concrètes :
Renforcement de la sécurité : Déployer davantage de forces armées pour restaurer l’autorité de l’État dans toutes les zones occupées.
Accompagnement des enfants : Mettre en place des programmes de prise en charge complets, incluant le soutien psychologique et la réinsertion socio-économique.
L’enrôlement des enfants dans les groupes armés perpétue un cycle de violence et compromet l’avenir de toute une génération. Ces jeunes, souvent utilisés comme combattants ou soumis à d’autres formes d’exploitation, subissent des traumatismes qui menacent leur réintégration dans la société.
Pour briser cette dynamique, les autorités, les organisations locales et la communauté internationale doivent intensifier leurs efforts. Préserver l’enfance et garantir un avenir serein à ces jeunes est un impératif pour reconstruire le Nord-Kivu.
Diddy MASTAKI