À quelques jours de l’ouverture des négociations entre le gouvernement Congolais et l’Alliance des Forces Congolaises-M23 (AFC-M23), le mouvement rebelle intensifie ses offensives dans l’Est de la République Démocratique du Congo (RDC).
Mercredi 12 mars dans l'après-midi, les combattants du M23 ont pris le contrôle de Kashebere et Kibati, situés dans le territoire de Walikale. Ces prises s'ajoutent à celle de Kaziba, un village du Maniema tombé sous le contrôle des rebelles après de violents affrontements avec les Forces Armées de la RDC (FARDC) lundi 10 mars dernier.
Cette progression rapide du M23 marque une extension significative de son emprise territoriale et soulève des inquiétudes quant à l'impact de cette escalade sur le processus diplomatique en cours.
Le timing de ces avancées militaires interroge. En effet, le début des négociations entre l'AFC-M23 et Kinshasa est prévu pour le 18 mars à Luanda, sous la médiation de l’Angola. Pourtant, sur le terrain, le M23 continue d’engager les hostilités.
Cette double stratégie, souvent qualifiée de « Talk and Fight » (Parler et Combattre), consiste à mener des offensives militaires tout en s'engageant officiellement dans un processus de dialogue. Une manière pour le mouvement rebelle d’asseoir sa position et de peser davantage dans les discussions à venir.
Face à ces revers militaires, le gouvernement Congolais se retrouve dans une situation délicate. Jusqu'à présent, aucune réaction officielle n’a été enregistrée, mais l’évolution rapide des combats pourrait compliquer l’approche de Kinshasa aux négociations.
Par ailleurs, la communauté internationale, qui appelle à une désescalade, voit ses efforts diplomatiques mis à rude épreuve par ces nouvelles conquêtes du M23.
Alors que les affrontements se poursuivent et que le M23 consolide ses positions, la question reste ouverte : les négociations de Luanda permettront-elles d’inverser la tendance ou assistera-t-on à une nouvelle phase de tension prolongée ?
L’avenir du conflit dépendra en grande partie des décisions qui seront prises à la table des discussions, mais pour l’instant, le terrain continue de dicter sa loi.
Diddy MASTAKI