La prise de la ville de Bukavu et de Kamanyola par l’AFC/M23 a bloqué tout échange entre Uvira et Bukavu en passant par la plaine de la Ruzizi, après une résistance de haute intensité menée par les Wazalendo défensifs depuis Katogota.
Selon le Mouvement citoyen « MACHOZI YA RAÏYA », ce manque de contact entre ces deux (02) villes impacte toujours considérablement la vie socio-économique de leurs populations. Il affecte aussi plus de 497 étudiants ressortissants d’Uvira (d'après les enquêtes) qui suivent des cours à Bukavu dans diverses universités et instituts supérieurs. Force est de constater qu’ils ne sont pas épargnés par cette rupture imprévisible alors qu’ils devraient déjà être à l'auditoire à Bukavu.
Entre décembre et janvier derniers, jusqu'à l’occupation de Bukavu en février, plusieurs étudiants, surtout ceux des promotions montantes (Bac2, Bac3...), ont profité de leurs congés académiques de l’année 2023-2024 en attendant l’affichage des cours. Pour les étudiants ressortissants d’Uvira, de la plaine de la Ruzizi, de Baraka, de Fizi, etc,... ce fut comme d’habitude une occasion de rentrer chez eux pour saluer leurs familles.
Cependant, alors que les cours ont déjà repris dans différentes universités et instituts supérieurs, notamment à l’UOB, l’UB, l’UCB, l’ISTM, l’ISDR et l’UEA, ces étudiants sont bloqués chez eux, faute d’un itinéraire sécurisé leur permettant de rejoindre Bukavu et de poursuivre leurs études avec leurs collègues, alerte Mussa Ali Rutamu Coordonnateur Provincial du Mouvement Citoyen « MACHOZI YA RAÏYA ».
Par ailleurs, ce même Mouvement indique que, ces étudiants s’ajoutent à ceux vivant dans des campus à Bukavu, qui ont fui la ville en raison de l’instabilité sécuritaire. Cette structure regrette le sort que subissent ces étudiants par le M23.
« Aujourd’hui, leur formation académique est à l’arrêt. Par amour de la science, certains ont tenté de forcer le passage pour arriver à Bukavu, mais le pire les attendait après Luvungi. Certains sont portés disparus, et certaines sources indiquent qu’ils ont été confondus avec les Wazalendo, soupçonnés d’infiltrer le M23, puis abattus par ces derniers. D’autres ont peur de revivre cette expérience qui met leur vie en danger. Nous n’en dirons pas plus : les étudiants finalistes se retrouvent dans une impasse de voir leurs cursus universitaire en panne », ajoute-t-il.
Ce contexte exige des politiques adaptées à l’urgence du moment. Il serait judicieux d’instruire, à défaut, ces universités et instituts sous occupation à organiser des cours en ligne afin de garantir l’accessibilité, la disponibilité et la continuité de ces services publics essentiels, non seulement pour les étudiants empêchés de rejoindre Bukavu, mais aussi pour ceux qui y sont et qui craignent de fréquenter leurs établissements en raison de l’insécurité.
Face à cette situation pénible, le Mouvement Citoyen « MACHOZI YA RAÏYA », alerte le gouvernement de Kinshasa, par le biais du ministère de l’Enseignement Supérieur et Universitaire, sur cette problématique. Le contact entre Uvira et Bukavu se limite désormais aux échanges numériques.
Rédaction