Depuis ce jeudi 10 avril dans la matinée, les rebelles du M23-AFC et leurs alliés ont lancé des offensives contre les positions des Wazalendo sur l'axe Lemera-Bugamanda, dans le territoire de Kalehe, province du Sud-Kivu. Ces attaques marquent une intensification des combats dans cette région déjà éprouvée par des affrontements répétés.
Les combattants Wazalendo de l'APDC/RAD, dirigés par le général auto-proclamé Bahigi Maguru, contrôlent actuellement plusieurs localités clés, notamment Bushaku 1, Bushaku 2, Nyabaronga, Myamugari, Mwamiijwi et Chizi, situées dans les groupements de Mubuku et Mbinga Sud, au sein de la chefferie de Buhavu. Ces zones sont désormais sous la menace directe des offensives du M23-AFC.
Parallèlement, sur l'axe Biishaka, Igali, Shanje, Chambombo, Kafufula, Katale et Lumbishi, les Wazalendo des groupes COPACO, sous le commandement de Kirikicho Mirimba, et MCDPIN, dirigé par Haguma Mike Mike, maintiennent leur emprise. Ces localités, situées dans les groupements de Ziralo et Buzi, en chefferie de Buhavu, ont été reprises récemment, mais restent vulnérables face aux avancées du M23.
Des combats ont également été signalés ce jeudi matin aux abords du Parc National de Kahuzi-Biega, notamment vers Chivanga, opposant les Wazalendo aux rebelles du M23. Cette zone, d'une importance écologique majeure, devient ainsi un nouveau théâtre d'affrontements, accentuant les inquiétudes quant à la sécurité des populations locales et à la préservation de l'environnement.
Actuellement, dans le territoire de Kalehe, les rebelles du M23 et leurs alliés contrôlent principalement le littoral du lac Kivu, incluant des localités telles que Minova, Kalungu, Mukwidja, Nyabibwe, Bushushu, Nyamukubi, Kalehe centre, Kasheke et Chofi. Ces zones constituent des axes stratégiques pour le contrôle régional. De plus, le M23 maintient sa présence dans la cité minière de Numbi, située sur les hauts plateaux.
Les Wazalendo tiennent pour l’instant certaines localités, mais l'incertitude demeure quant à leur capacité à conserver ces positions face à la pression continue du M23 et de ses alliés. La situation reste volatile, et l'évolution des combats déterminera le contrôle futur de ces zones stratégiques.
Cette escalade de la violence exacerbe la crise humanitaire dans la région, déjà marquée par des déplacements massifs de populations et des besoins humanitaires croissants. Les organisations internationales appellent à un cessez-le-feu immédiat et à la reprise des pourparlers pour parvenir à une solution pacifique et durable au conflit.
Diddy Mastaki