Les tensions entre la République démocratique du Congo (RDC) et l’Ouganda ont été ravivées ce jeudi 10 avril 2025 après une série de publications pour le moins explosives de Muhoozi Kainerugaba, fils du président ougandais Yoweri Museveni et figure influente au sein des forces armées de son pays.
Dans un message publié sur son compte X (anciennement Twitter), Kainerugaba a déclaré :
« Sur ordre de mon grand-père, le président Kaguta Museveni, et de mon héros, le président Donald Trump... J'ai décidé de suspendre notre opération visant à capturer Kisangani. C’est extrêmement douloureux pour moi. Je n’ai jamais échoué à atteindre un objectif militaire de toute ma vie. », dit t-il.
Quelques heures plus tard, retournement spectaculaire : dans un nouveau post, il corrige sa première annonce, affirmant que « Désolé… mauvaise information ! Le message radio n’était pas clair. Nous avons l’autorisation de capturer Kisangani ! »
Ces propos, perçus comme une menace directe à la souveraineté territoriale de la RDC, ont suscité un tollé à Kinshasa. Ils interviennent dans un contexte déjà tendu, après que le chef d’état-major général adjoint des FARDC, le général Ychaligonza Nduru, ait mis en garde Kainerugaba contre toute provocation militaire. Cette mise en garde avait été suivie, selon des sources militaires, de menaces sérieuses proférées à l’encontre de la famille du général congolais.
À Kinshasa, les autorités restent pour l'instant prudentes dans leur communication, mais en coulisses, l'indignation monte. Des voix au sein de la société civile et du Parlement appellent à une réaction diplomatique ferme face à ce qu’elles considèrent comme une provocation récurrente de la part de Kainerugaba, connu pour ses sorties intempestives sur les réseaux sociaux.
Dans la région des Grands Lacs, où les tensions frontalières et les alliances militaires fluctuantes rendent l’équilibre géopolitique fragile, ce genre de déclaration pourrait avoir des conséquences imprévisibles. L’opinion publique congolaise, déjà éprouvée par les conflits dans l’Est du pays, s’interroge désormais sur les véritables intentions du pouvoir ougandais.
La communauté internationale, elle, observe avec inquiétude ces échanges qui viennent alimenter les risques d’escalade militaire dans une zone déjà marquée par l’instabilité.
Diddy MASTAKI