L’ambassade de l’Ouganda au Soudan a été détruite dans les récents combats entre l’armée soudanaise (SAF) et les Forces de soutien rapide (RSF), plongeant encore davantage la capitale Khartoum dans le chaos.
Des images diffusées le 05 mai sur le réseau social X par le colonel Chris Magezi, directeur par intérim de l’information publique de la Défense Ougandaise, montrent le bâtiment diplomatique en ruines après que les forces gouvernementales ont repris le contrôle de certaines parties de Khartoum.
« L’ambassade de l’Ouganda au Soudan après la reprise de Khartoum par les forces gouvernementales face à la RSF il y a quelques semaines », a écrit Magezi.
Il précise que l’Ouganda a été le premier pays Africain à réapparaître dans la capitale soudanaise après sa « libération », en récupérant ses installations et la résidence diplomatique. « Toutes les autres missions diplomatiques étrangères ont connu le même sort », a-t-il ajouté.
Une guerre qui dévaste le pays
Le Soudan est plongé dans un conflit meurtrier depuis avril 2023, lorsque la lutte de pouvoir entre l’armée régulière et la RSF a anéanti tout espoir d’une transition vers un régime civil. En mars dernier, l’armée a réussi à expulser les paramilitaires de leurs dernières positions dans Khartoum, mais ces derniers contrôlent encore une partie d’Omdourman, sur l’autre rive du Nil, et renforcent leur emprise dans l’ouest du pays.
D’après les Nations-Unies, le conflit est devenu l’une des pires crises humanitaires mondiales : plus de 150 000 personnes auraient péri, tandis qu’au moins 12 millions ont été déplacées. Plus de 30 millions de personnes sont aujourd’hui en besoin urgent d’aide humanitaire, alors que de nombreuses régions sont menacées par la faim et la famine.
Escalade de la violence : la RSF frappe Port-Soudan
Le 04 mai, la guerre a franchi une nouvelle étape. La RSF a lancé une attaque de drone contre un aéroport militaire à Port-Soudan, marquant la première offensive du groupe paramilitaire dans l’est du pays, jusque-là considéré comme relativement sûr. L’armée a confirmé la frappe et a aussitôt renforcé la sécurité autour des infrastructures sensibles de la ville, notamment le palais présidentiel et le quartier général de l’armée.
Port-Soudan, principal port maritime du pays et hub pour les populations déplacées, représentait l’un des derniers bastions de stabilité. L’attaque sur cette ville stratégique témoigne d’une extension inquiétante des hostilités et d’une possible généralisation du conflit à l’ensemble du territoire soudanais.
Un avenir incertain
Alors que les efforts diplomatiques peinent à freiner l’engrenage de la violence, la destruction de l’ambassade ougandaise illustre tragiquement les conséquences d’un conflit qui ne cesse de se durcir et de bouleverser l’équilibre régional. Le Soudan est désormais un pays fragmenté, où même les zones autrefois jugées sûres deviennent des cibles.
Diddy MASTAKI