Malgré les engagements pris dans le cadre du processus de Doha, les rebelles du M23, soutenus par le Rwanda, poursuivent sans relâche leur offensive dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, en violation flagrante du cessez-le-feu.
Le mardi 06 mai 2025, plusieurs sources locales ont confirmé la prise du village de Luchiga, situé dans la chefferie de Luhwinja, territoire de Mwenga, au Sud-Kivu. Les combattants du M23 seraient arrivés vers 10h 30 du matin, avant de s’installer dans plusieurs bâtiments appartenant à la société minière BANRO, qui opère dans la région.
« Ils sont venus en nombre, lourdement armés, et ont immédiatement occupé les bureaux administratifs de la société civile. Les habitants ont fui vers les collines », témoigne un habitant joint par téléphone.
Pendant ce temps, les forces armées de la RDC (FARDC), engagées dans une logique de trêve conformément aux accords régionaux, observent une position défensive. Selon des sources militaires, les ordres sont clairs : ne pas riposter tant que la ligne rouge n’est pas franchie. Une posture qui, sur le terrain, laisse les résistants Wazalendo seuls face à l’agressivité rebelle.
Dans plusieurs territoires du Nord-Kivu également, les combats continuent. Les rebelles cherchent à étendre leur contrôle sur des localités stratégiques, souvent riches en ressources minières ou proches des grandes voies de communication.
Cette nouvelle progression du M23, dans un silence presque total de la communauté internationale, soulève des inquiétudes croissantes parmi les populations locales et les organisations de la société civile. Elles dénoncent l’inaction de certains partenaires internationaux, pourtant bien informés des violations répétées du cessez-le-feu.
« Le gouvernement doit revoir sa stratégie. Un cessez-le-feu qui n’est pas respecté par l’ennemi devient un piège pour nos forces », alerte un acteur de la société civile de Bukavu.
À Luchiga, comme ailleurs dans l’Est Congolais, le M23 avance pendant que la RDC tente de respecter des engagements de paix. Face à cette réalité, la pression monte sur Kinshasa, appelée à agir rapidement pour empêcher une nouvelle désintégration territoriale et protéger les civils exposés à de nouvelles violences.
Diddy MASTAKI