Dans la chefferie des Walese-Dese, à environ 80 kilomètres au Nord-Est du chef-lieu du territoire de Mambasa, la présence renforcée des Forces armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) est accueillie avec soulagement par une partie de la population. Pour les autorités locales et les responsables religieux, le déploiement militaire constitue un signal encourageant après une période marquée par l’insécurité et le déplacement de nombreux habitants.
Les militaires sont conduits par le colonel Isa Abdoul Karim, commandant de la 31ᵉ brigade de défense principale, accompagné de son état-major sécuritaire. Leur arrivée est présentée localement comme un signe de la volonté des autorités de consolider la présence de l’État dans cette zone située dans le territoire de Mambasa.
Pour le chef de la chefferie des Walese-Dese, Faustin Aduta Sukari, cette présence militaire traduit l’engagement des forces de défense dans la protection des populations. Il appelle notamment les habitants ayant quitté leurs villages en raison de l’insécurité à envisager progressivement leur retour.
« L’arrivée des forces armées justifie déjà la présence de la paix. C’est la raison pour laquelle, moi, en tant que chef, je suis venu ici », a-t-il déclaré, estimant que la présence du commandement militaire permettra également d’assurer un meilleur suivi de la situation sécuritaire dans l’entité.
Un début de reprise des activités
Dans cette zone, le retour de certaines activités constitue l'un des premiers indicateurs d’un regain de confiance. Le pasteur Aaron Edith, de l’église Nzambe Malamu, affirme notamment constater une reprise progressive des activités religieuses et des rassemblements.
« Avant, nous avions fui, il n’y avait personne, même les gens ne passaient plus par ici », témoigne-t-il, saluant les efforts déployés par les FARDC pour rétablir un climat plus rassurant.
Selon lui, la présence simultanée des militaires, de la police et de l’administration locale contribue à renforcer le sentiment de sécurité parmi les habitants.
« Avec les militaires, nous sommes calmes et nous ne nous inquiétons de rien », affirme le responsable religieux.
Une présence militaire qui reste à consolider
La visite du commandant de la 31ᵉ brigade intervient pour la deuxième fois dans cette chefferie. Sa première mission dans la zone remonte au mois de mars, lorsqu’il avait été dépêché dans le cadre des opérations sécuritaires conduites dans la région.
Cette nouvelle présence intervient dans un contexte où les autorités cherchent à consolider leurs positions et à contenir les menaces attribuées notamment aux combattants des Forces démocratiques alliées (ADF), affiliés à l’État islamique en Afrique centrale (ISCAP).
Au-delà de la dimension militaire, l’enjeu est désormais celui de la durabilité du retour au calme. Dans des territoires où les déplacements de population sont souvent liés à la capacité des forces de sécurité à maintenir leurs positions, la reprise des activités économiques, administratives et sociales constitue un indicateur important du rétablissement de la confiance.
Pour les autorités locales, le retour des habitants ne pourra toutefois être durable que si la sécurité reste assurée dans les villages et sur les axes reliant les différentes communautés.
La question du retour des déplacés
L’appel lancé par le chef des Walese-Dese intervient ainsi comme un premier pas vers la réinstallation des populations ayant fui leurs villages. Mais le retour effectif des habitants dépendra aussi de plusieurs facteurs : la permanence de la présence sécuritaire, la réouverture des services essentiels et la possibilité pour les familles de reprendre leurs activités quotidiennes dans des conditions sûres.
La dynamique sécuritaire s’inscrit dans les opérations menées en Ituri pour lutter contre les groupes armés et restaurer progressivement l’autorité de l’État dans les zones affectées par l’insécurité.
Elle rejoint également les priorités affichées par les autorités provinciales, sous la direction du gouverneur militaire de l’Ituri et commandant des opérations, le général-major Kasongo Mulumba Gaby.
À Walese-Dese, l’atmosphère est donc aujourd’hui marquée par un mélange de soulagement et de prudence. L’arrivée des FARDC nourrit l’espoir d’un retour à une vie normale, mais pour transformer cet espoir en retour durable des populations, la présence militaire devra s’inscrire dans la durée et s’accompagner d’un rétablissement effectif de l’administration et des services de base.
Dans cette partie de Mambasa, le véritable test sera désormais de savoir si le calme observé peut résister au temps et permettre aux populations déplacées de regagner durablement leurs villages.
Joël Heri Budjo