La République Démocratique du Congo a demandé mardi au Conseil de sécurité des Nations-Unies de suspendre toute nouvelle participation, tout nouveau déploiement ainsi que toute rotation de contingents Rwandais au sein des opérations de maintien de la paix de l’ONU.
La demande a été formulée par Zénon Mukongo Ngay, représentant permanent de la RDC auprès des Nations unies, lors de la réunion du Conseil de sécurité consacrée à la situation dans l’Est du pays. Kinshasa souhaite que cette suspension soit maintenue jusqu’au retrait vérifié des forces Rwandaises du territoire Congolais.
Pour justifier sa position, l’ambassadeur Congolais s’est référé à la résolution 2773 du Conseil de sécurité, adoptée à l’unanimité en février 2025.
Selon Kinshasa, cette résolution demande notamment au M23 de cesser les hostilités et de se retirer des zones qu’il contrôle, tout en appelant les Forces de défense du Rwanda à mettre fin à leur soutien au mouvement et à retirer leurs forces du territoire Congolais.
Le représentant Congolais a ainsi estimé que la présence de contingents Rwandais dans les opérations de paix des Nations-Unies posait une question de cohérence au regard des engagements demandés par le Conseil de sécurité.
« Le Conseil ne peut tolérer, dans ses opérations de maintien de la paix, des membres qui agissent simultanément en pompiers et en pyromanes », a déclaré Zénon Mukongo Ngay.
Cette formulation constitue une appréciation du représentant de la RDC et reflète la position de Kinshasa sur le rôle du Rwanda dans la crise Congolaise.
La prise de position Congolaise intervient alors que plusieurs mécanismes diplomatiques sont actuellement engagés pour tenter de mettre fin au conflit dans l’Est de la RDC, notamment les processus de Washington, de Doha et de l’Union Africaine.
Kinshasa affirme de son côté poursuivre la mise en œuvre de ses engagements dans ces différents cadres. L’ambassadeur Congolais a notamment cité les premières missions du Mécanisme conjoint de vérification élargie « plus », menées à Minembwe, au Sud-Kivu, et à Masisi, au Nord-Kivu.
La RDC a également demandé au Conseil de sécurité et à la MONUSCO de soutenir le processus de désarmement volontaire des combattants des FDLR, dans le cadre du protocole signé le 30 mai 2026.
Au cours de son intervention, Zénon Mukongo Ngay a par ailleurs dénoncé, selon les autorités congolaises, une frappe attribuée aux Forces de défense du Rwanda contre une position congolaise à Pinga, le 28 septembre.
Kinshasa affirme que cette frappe aurait fait cinq morts et huit blessés graves et demande que les circonstances de l'incident soient vérifiées par les mécanismes compétents, notamment le mécanisme conjoint de vérification avec l’appui de la MONUSCO. Ces éléments constituent des affirmations de la partie Congolaise qui nécessitent une vérification indépendante.
La RDC a enfin dénoncé devant le Conseil de sécurité l’établissement, selon elle, d’administrations parallèles dans les zones contrôlées par l’AFC/M23 et demandé le maintien d’une MONUSCO en mesure de contribuer à la protection des civils, au suivi du cessez-le-feu et à l’accompagnement du processus de désarmement.
Diddy Mastaki