Ces derniers temps, la ville de Bukavu connaît des perturbations fréquentes de la connexion Internet. Ces interruptions, qui semblent s’intensifier au cours de ces dernières semaines, ont des répercussions notables sur la vie quotidienne des habitants, ainsi que sur le fonctionnement des entreprises et des institutions publiques.
Plusieurs facteurs contribuent à cette situation préoccupante. Tout d'abord, l'insuffisance des infrastructures de télécommunication joue un rôle dans cette situation. La situation est aggravée par des tensions politiques et sociales qui affectent l’accès aux services publics.
Comme constat : les conséquences économiques de ces perturbations sont également significatives.
Les services de transaction d’argent qui dépendent de l’Internet pour leurs activités, subissent d'énormes pertes en raison de l'impossibilité d'effectuer des transactions ou de communiquer avec les clients.
De plus, les étudiants rencontrent des difficultés pour accéder aux ressources éducatives disponibles en ligne, compromettant ainsi leur apprentissage.
Face à cette situation, plusieurs acteurs locaux appellent à des investissements dans les infrastructures numériques, afin de stabiliser et d'améliorer la connexion à Bukavu.
Conséquences
« La perturbation de la connexion a plusieurs conséquences, et cela, sur plusieurs aspects. Une fois la connexion est instable, les services de transaction d’argent ne seront pas exécutés, impossible de communiquer pour prendre des nouvelles mais aussi difficile aux étudiants et chercheurs de faire des recherches en ligne », a dit Joseph Iragi habitant de Bukavu et spécialité en communication lors d’une interview accordée à Congorassure.cd.
Celui-ci regrette de constater qu’actuellement à Katana par exemple on vient de totaliser toute une semaine sans connexion aucune des maisons de télécommunications, situation qui pénalise les habitants.
Joseph Iragi s’étonne par ailleurs de voir que cette même situation touche la ville de Bukavu actuellement et cela sans la moindre explication de la part de ces maisons.
Toutefois, notre source appelle les responsables de ces maisons à trouver des solutions et cela afin de pallier ce problème de perturbation de la connexion.
Indignations
Alors que la connexion connaît une suite d'interférences dans la ville de Bukavu, certains habitants dénoncent ce phénomène.
Ils précisent que la connexion a pris une place vitale dans la société où ils vivent. C'est grâce au système de connexion et réseautage que bon nombre d'habitants effectuent actuellement leurs business. Des transactions d'argent et des produits s'y effectuent déjà.
Ils ajoutent cependant, que la connexion permet aussi des interactions à distance entre individus et joue le grand rôle de rapprochement. Des réunions en ligne sont souvent envisagées, des enseignements à distance et tout autre rencontre pouvant servir aux intérêts communautaires.
Les consommateurs des services des certains réseaux des télécommunications dénoncent fermement cette perturbation qui s'impose ces derniers jours et regrettent toutes les opportunités perdues lors de cette circonstance.
Appel
Depuis plusieurs jours, des problèmes de connexion se multiplient dans la province du Sud-Kivu, plus particulièrement dans la ville de Bukavu. Ces perturbations affectent directement l'économie locale.
Les transferts d'argent via mobile money sont bloqués, les commerces de détail, tels que la vente de mégas, d'unités et des SMS, connaissent une réduction d'activité, et les maisons de transfert limitent leurs services. Certains commerçants et travailleurs se retrouvent ainsi dans l’impossibilité de poursuivre leurs activités.
Gaspard Bizimana, membre du mouvement « Jeunes, nous pouvons », qualifie cette coupure d’ « interruption auto-imposée » par les opérateurs de télécommunications, soulignant qu’il est inconcevable que toutes les grandes entreprises de télécommunications, notamment Vodacom, Airtel, Africell et Orange rencontrent des pannes simultanément.
Selon lui, il s'agit d'une véritable prise en otage de la population. Face à cette atteinte aux droits fondamentaux, en particulier à la liberté d’expression et au droit à l’information, il appelle ces maisons de télécommunication à indemniser les clients pour les préjudices subis et à rétablir la connexion, non seulement à l'intérieur du pays, mais aussi à améliorer la qualité du service dans la ville de Bukavu.
Gaspard Bizimana plaide également pour que les autorités compétentes exercent un contrôle strict et imposent des sanctions aux opérateurs défaillants. Selon lui, la communication n'est pas un luxe, mais un droit fondamental.
David Aluta