Face aux conséquences de l’incendie meurtrier survenu à Bukavu, le Dr Denis Mukwege appelle à une mobilisation humanitaire immédiate en faveur des populations touchées. Il demande au gouvernement de Kinshasa, à la diaspora et aux Congolais vivant dans les zones non occupées de dépasser les clivages politiques pour apporter une assistance concrète aux victimes.
Le Dr Denis Mukwege appelle à une intervention humanitaire urgente en faveur des habitants de Bukavu, après l’incendie qui a notamment touché des établissements scolaires et causé plusieurs décès parmi les écoliers, laissant également de nombreuses familles sans logement.
Dans une déclaration, le prix Nobel de la paix plaide pour une mobilisation nationale autour des victimes et insiste sur la nécessité de préserver la solidarité, la cohésion et l’unité nationale face à ce drame.
« L’aide humanitaire ne devrait pas avoir de frontières idéologiques »
Denis Mukwege estime que les populations touchées à Bukavu, mais aussi celles de Goma et d’autres localités affectées par la crise, ne doivent pas être abandonnées en raison de leur situation politique ou territoriale.
« Les drames qui se passent à Bukavu, à Goma et dans d’autres localités occupées ne doivent pas servir de décor à des messages de compassion officielle sans aucune action concrète », déclare-t-il.
Pour le médecin et défenseur des droits humains, les messages de solidarité doivent désormais être accompagnés d’actions permettant de répondre aux besoins immédiats des populations sinistrées.
Il appelle ainsi le gouvernement de Kinshasa à mettre en place sans délai une intervention humanitaire d’urgence, notamment à travers les organisations humanitaires de la société civile congolaise.
Denis Mukwege invite également les Congolais vivant dans les zones non occupées et ceux de la diaspora à contribuer à cet effort de solidarité nationale.
Selon lui, l’assistance aux victimes ne devrait pas être conditionnée par des considérations politiques.
« L’aide humanitaire ne devrait pas avoir de frontières idéologiques, et la dignité humaine doit rester notre priorité », insiste-t-il.
Il estime par ailleurs que les moyens logistiques disponibles auprès de la MONUSCO et d’autres agences des Nations-Unies pourraient être mobilisés pour faciliter l’acheminement de l’aide vers les populations affectées.
« Les victimes ont besoin d’un soutien concret »
Pour Denis Mukwege, l’urgence est désormais de répondre aux besoins essentiels des familles frappées par le drame.
Il appelle à concentrer les efforts sur la survie immédiate, la protection et la dignité des populations touchées, qu’il considère comme devant constituer « l’urgence absolue ».
Son appel intervient alors que le ministère Congolais de l’Éducation nationale a confirmé que l’incendie survenu à Funu, à Bukavu, avait fait plusieurs victimes, dont des élèves, ainsi que de nombreux blessés. Le bilan officiel demeure provisoire et les circonstances exactes de l’incendie restent à établir.
Pour le Dr Mukwege, au-delà des déclarations de compassion, c’est désormais une réponse humanitaire concrète et à la hauteur de la souffrance des victimes qui est attendue.
Diddy Mastaki