À la Biennale de Luanda, le président congolais a réaffirmé qu’un éventuel transfert des eaux du fleuve Congo devait passer par un référendum et des garanties scientifiques. Une position qui place la souveraineté nationale et la préservation des équilibres écologiques au cœur du débat.
Pas d’engagement sans consultation des Congolais. À l’ouverture de la quatrième Biennale de Luanda, jeudi 22 octobre 2026, Félix Tshisekedi a fixé les conditions auxquelles Kinshasa pourrait envisager un transfert des eaux du fleuve Congo vers d’autres bassins : le respect du cadre constitutionnel et légal, l’organisation d’un référendum et des garanties scientifiques sur la protection des intérêts du pays.
Devant ses homologues africains, le chef de l’État a prévenu qu’« aucun engagement ne saurait être envisagé » en dehors de ces exigences. Une manière de rappeler que la coopération autour des ressources hydriques doit aussi tenir compte du consentement des populations concernées.
Un référendum et des garanties écologiques
La position congolaise repose sur deux conditions complémentaires. La première est politique : consulter le peuple par référendum. La seconde concerne les conséquences d’un éventuel transfert : obtenir des « garanties scientifiques rigoureuses » sur la préservation des intérêts nationaux et des équilibres écologiques.
La solidarité africaine à l’épreuve de la souveraineté
Le cadre choisi pour cette mise au point est significatif. Organisée par l’Angola, l’Union africaine et l’UNESCO les 22 et 23 octobre, la Biennale de Luanda est consacrée cette année à la gouvernance de l’eau comme instrument de prévention, de médiation et de résolution des conflits.
Félix Tshisekedi y a défendu une solidarité africaine « entre États souverains ». Dans cette approche, la clarté des engagements et le respect des choix nationaux doivent permettre de construire la confiance entre partenaires.
Des inquiétudes qui appellent des études
Dans le débat congolais, les réserves évoquées portent notamment sur la biodiversité, les terres agricoles et la maîtrise des ressources nationales. Ces préoccupations soulèvent la question de savoir comment répondre aux besoins d’autres bassins sans compromettre ceux des populations qui dépendent du fleuve Congo.
Les conséquences d’un éventuel transfert ne peuvent toutefois être présentées comme certaines sans études propres au projet envisagé. Les volumes prélevés, les lieux de captage et les variations saisonnières seraient notamment déterminants pour en apprécier les effets.
À Luanda, le président congolais a donc posé les termes du débat. Toute coopération sur les eaux du fleuve devra être soumise au choix des Congolais et à une évaluation scientifique de ses conséquences.
Plusieurs voix congolaises opposées à tout transfert
Pour plusieurs Congolais opposés au projet, les conditions posées par Félix Tshisekedi ne suffisent pas : c’est le principe même d’un transfert des eaux du fleuve qu’ils contestent. Ils redoutent des perturbations des écosystèmes, des menaces sur la biodiversité et des répercussions sur les terres agricoles. Ils y voient également un enjeu de souveraineté. La solidarité envers les pays confrontés au manque d’eau ne devrait pas, à leurs yeux, compromettre les besoins présents et futurs de la population congolaise.
Leur inquiétude porte aussi sur le long terme. L’abondance des ressources hydriques ne constitue pas, selon eux, une garantie contre de futures pénuries. Avant d’envisager d’approvisionner d’autres bassins, ils demandent donc que la protection des ressources nationales et les besoins des Congolais restent prioritaires. Ces réserves ne permettent toutefois ni de mesurer l’ampleur de l’opposition dans le pays ni de tenir les conséquences écologiques redoutées pour établies, en l’absence d’études détaillées.
La Rédaction