À Kinshasa, la justice congolaise a frappé fort. Jugé en procédure de flagrance devant le tribunal de grande instance de Kinshasa-Gombe, l’avocat Freddy Ntumba a été condamné à huit ans de prison ferme, assortis d’une amende de 500 000 francs congolais et d’une arrestation immédiate.
Selon le jugement, l’homme de loi était impliqué dans des manœuvres frauduleuses ayant conduit à la saisie irrégulière d’un immeuble appartenant à Rawbank RDC, l’une des principales institutions financières du pays. Les faits retenus par le tribunal sont lourds : escroquerie, rébellion, faux et usage de faux.
Cette condamnation, prononcée à l’issue d’une procédure accélérée, a immédiatement suscité des réactions contrastées. Du côté de la défense, le verdict est qualifié de jugement « instrumentalisé », assimilé à un règlement de comptes. Freddy Ntumba, désormais incarcéré, affirme pour sa part être victime de « pressions » destinées à l’intimider.
À l’opposé, le ministère de la Justice assume pleinement la portée de la décision. Pour le ministre de la Justice, garde des Sceaux, cette condamnation « démontre que la justice de notre pays demeure ferme face aux dérives » et qu’« aucun statut, aucune influence ne peut prévaloir sur la loi ».
Dans un contexte où les autorités affichent leur volonté de moraliser la chaîne judiciaire et de restaurer l’autorité de l’État, le ministre voit dans cette sentence « un signal clair dans la lutte contre l’impunité » et dans la protection des droits légitimes des citoyens. « La justice ne peut être instrumentalisée pour servir des intérêts privés au détriment du droit », a-t-il martelé.