Quinze fosses communes et cinq tombes ont été découvertes dans plusieurs localités du territoire d’Uvira, au cours d’une deuxième phase d’enquête menée par l’Auditorat militaire supérieur du Sud-Kivu. Les investigations portent sur des exactions présumées commises contre des populations civiles depuis le 8 décembre 2025.
Selon les éléments issus de cette enquête préliminaire, Kiguwe arrive en tête avec sept fosses communes et une tombe, suivi de Lemera, où quatre fosses communes et une tombe ont été identifiées. Kidoti et Mulunge comptent chacune deux fosses communes, tandis que Rulinge compte trois tombes découvertes.
Les investigations ont été conduites sous la direction de l’auditeur supérieur militaire du Sud-Kivu, le Magistrat-Colonel Kumbungoma Jean-Batiste. Elles visent à documenter les attaques armées, enlèvements et autres exactions qui auraient ciblé des civils dans ces différentes entités.
Des éléments matériels retrouvés sur les lieux
Au cours de leur descente sur terrain, les enquêteurs ont également découvert une tenue militaire présentée comme similaire à celle de l’armée rwandaise, ainsi que des caisses vides de munitions de guerre.
Ces éléments doivent être soumis à des experts des services spécialisés afin d’en déterminer l’origine et la valeur probante dans le cadre de l’enquête.
Des mandats d’arrêt annoncés
Face aux éléments recueillis, l’Auditorat militaire supérieur du Sud-Kivu annonce la délivrance prochaine de mandats d’arrêt contre plusieurs personnes présumées impliquées dans les faits faisant l’objet des investigations.
Parmi les personnes citées figurent Bernard Byamungu, présenté comme responsable de la branche militaire de l’AFC/M23, ainsi que Marcele Chichombo, Nnaminene Joël, le professeur Stanley Rugurukwa et le professeur Muhuwa Godefroy, présentés comme des membres influents de la branche politique du mouvement.
D’autres personnes, notamment Richard Nzinbere, présenté comme responsable de la milice de Ruzizi, et Kalingishe Adamdare, présenté comme responsable militaire, sont également citées dans le cadre de l’enquête.
Des accusations de crimes de guerre et crimes contre l’humanité
La justice Congolaise entend poursuivre les personnes visées pour des faits qualifiés, selon les enquêteurs, de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité présumés commis contre les populations civiles dans cette partie du Sud-Kivu.
L’Auditorat militaire supérieur poursuit ainsi la collecte et l’analyse des preuves afin d’établir les responsabilités individuelles dans ces faits.
Les personnes citées dans le cadre de cette enquête sont présumées innocentes jusqu’à l’établissement définitif de leur culpabilité par une juridiction compétente.
Joël Heri Budjo