Le député national Justin Bitakwira s'est récemment exprimé sur la situation sécuritaire préoccupante qui sévit dans l'Est de la République Démocratique du Congo (RDC), pointant du doigt plusieurs aspects de la gestion du conflit par le gouvernement et les autorités militaires. Son discours, marqué par une critique acerbe, a mis en lumière des dysfonctionnements qu’il juge graves dans la conduite des opérations militaires et les relations diplomatiques avec le Rwanda.
En premier lieu, Bitakwira a critiqué l'état de siège instauré dans les provinces de l'Ituri et du Nord-Kivu, affirmant que certains officiers militaires en profitent pour en faire un véritable « business ». Selon lui, l'état de siège, censé restaurer la sécurité et l’ordre dans ces régions, serait devenu une opportunité pour certains de s'enrichir plutôt que de se concentrer sur la pacification de la zone. Cette déclaration fait écho aux frustrations croissantes de la population locale, qui déplore l'inefficacité des mesures mises en place pour éradiquer les groupes armés.
Ce député a également abordé les combats entre les Forces Armées de la RDC (FARDC) et le groupe rebelle du M23, qu'il a qualifiés de « théâtre ». Selon lui, si le gouvernement prenait réellement cette guerre au sérieux, il aurait déjà fermé les frontières avec le Rwanda, accusé de soutenir les rebelles du M23. Bitakwira n'a pas mâché ses mots en insinuant que cette guerre est en partie orchestrée et que le gouvernement ne prend pas les mesures nécessaires pour la stopper efficacement. « Si c'était une vraie guerre, les frontières avec le Rwanda auraient déjà été fermées », a-t-il déclaré, mettant ainsi en cause la sincérité des efforts gouvernementaux pour mettre fin à ce conflit.
Enfin, Bitakwira a exprimé son étonnement face aux relations diplomatiques entre Kinshasa et Kigali, qu'il décrit comme « au beau fixe », malgré les accusations récurrentes de soutien Rwandais aux groupes armés opérant dans l'Est de la RDC. Cette observation soulève des interrogations quant aux véritables priorités du gouvernement Congolais dans la gestion de ses relations avec son voisin, alors que des milliers de civils continuent de subir les conséquences dévastatrices du conflit.
Les déclarations de Justin Bitakwira viennent raviver un débat déjà houleux sur la gestion de la guerre dans l'Est et les relations entre la RDC et le Rwanda. Elles risquent d’intensifier la pression sur le gouvernement, déjà critiqué pour son incapacité à restaurer la paix et la sécurité dans une région en proie à des violences depuis plusieurs décennies.
Diddy MASTAKI