La situation tendue à Luanda lors des négociations pour la paix dans la région des Grands Lacs continue d’alimenter le débat, tant qu'au niveau diplomatique que sur les réseaux sociaux. Le porte-parole du gouvernement congolais, Patrick Muyaya, a récemment pris la parole pour réaffirmer la nécessité d'une mise en œuvre simultanée des deux volets des discussions en cours : la sécurité et la justice.
« Pour que ce processus ait du sens, il est impératif que les deux volets soient mis en œuvre de manière concomitante. Seule cette simultanéité peut assurer la crédibilité et l’efficacité d’un plan qui aspire à restaurer la paix dans la région », a-t-il déclaré.
Muyaya a également dénoncé la propagation de fausses informations concernant les véritables blocages du processus de paix, une situation qu'il attribue à des manipulations médiatiques.
« En quelques minutes, ma collègue Thérèse Wagner a détricoté plusieurs mensonges et a mis fin à la propagation d’une fausse version de la vérité sur ce qui bloque réellement à Luanda », a ajouté le porte-parole.
Cependant, cette prise de position n'a pas manqué de susciter une réaction cinglante de la part des autorités rwandaises. S’adressant directement à Patrick Muyaya, le ministre rwandais des Affaires étrangères a tenu à rétablir ce qu’il considère être la vérité.
« Puisque vous, porte-parole du gouvernement congolais, êtes passé maître dans l’art du détricotage de la vérité et de la propagation de fausses versions de la vérité, essayez aussi de détricoter ce compte-rendu officiel de la quatrième réunion ministérielle, tenue le 14 septembre 2024 à Luanda », a rétorqué directement le ministre rwandais des Affaires étrangères Olivier Nduhungirehe grandissant sur X le communiqué final des assises de Luanda.
Il a souligné que le compte-rendu ne mentionnait nulle part une clause de responsabilité ou un mécanisme de justice régional comme causes du blocage. Selon lui, la véritable cause des divergences serait l’opposition de la RDC au plan de neutralisation des FDLR et la levée des mesures Rwandaises de défense.
Ce débat s’enracine dans une lutte d’influence où les mots, les interprétations et les gestes diplomatiques se mêlent à une guerre de communication qui se joue en parallèle sur les réseaux sociaux. « La diplomatie, la vraie, n’est pas toujours compatible avec l’agitation, la manipulation et le recours intempestif aux réseaux sociaux. Cette posture devrait inspirer », a conclu Patrick Muyaya dans son message.
Mais pour le ministre Rwandais, la diplomatie active, même si elle est menée sur des bases divergentes, reste préférable à une attitude qu'il qualifie de « diplomatie déguerpissante », faisant allusion aux récentes tensions à Paris.
Les négociations à Luanda illustrent la complexité des relations entre la RDC et le Rwanda, et la nécessité d’une approche transparente pour parvenir à une paix durable dans la région.
Diddy MASTAKI