Alors que la République Démocratique du Congo (RDC) continue de faire face à une insécurité persistante, particulièrement dans l’Est du pays, des discussions autour d’une éventuelle révision constitutionnelle suscitent des interrogations profondes sur les priorités politiques du régime de Kinshasa.
Une guerre interminable à l’Est : une crise humanitaire et sécuritaire
Depuis plusieurs décennies, l’Est de la RDC est en proie à des conflits armés opposant divers groupes rebelles aux Forces Armées de la RDC (FARDC). Actuellement, l’avancée du M23, soutenu par le Rwanda selon plusieurs rapports, accentue cette instabilité. Les territoires comme Rutshuru, Masisi et récemment Lubero connaissent des déplacements massifs de populations, des pillages, et des violences atroces. Cette situation humanitaire désastreuse nécessite une réponse urgente et des moyens conséquents pour assurer la protection des civils.
Selon les experts et acteurs locaux, cette guerre représente la plus grande menace pour la souveraineté nationale. Le régime de Kinshasa est donc face à un dilemme : Renforcer militairement les FARDC pour reprendre le contrôle des territoires occupés.
Plaider pour une solution diplomatique tout en tenant compte des pressions régionales et internationales.
Mukosabay Djelo, un congolais qui a pris parole face a cette situation souligne : « Les FARDC doivent s’imposer avant que les rebelles ne dictent leurs conditions. La priorité, c’est la sécurité des Congolais ».
La révision constitutionnelle : une priorité discutable ?
En parallèle, des rumeurs concernant une éventuelle révision de la Constitution gagnent du terrain. Certains analystes y voient une tentative de consolider le pouvoir ou de préparer le terrain pour des changements politiques futurs. Toutefois, dans un contexte de guerre et de précarité sociale, cette initiative semble déconnectée des préoccupations immédiates de la population.
Les mouvements citoyens, comme Filimbi, se sont exprimés fermement contre cette démarche. À Goma, le mouvement a déclaré : « L’urgence, c’est la sécurité et le social des Congolais, pas la Constitution. Elle n’empêche pas de travailler ».
Cette déclaration reflète une fracture entre les priorités du pouvoir central et celles de la population, en particulier celle de l'Est du pays qui vit entre insécurité et incertitude. Alors que la Constitution actuelle garantit déjà un cadre institutionnel viable, ce sont les actions concrètes pour assurer la paix, la sécurité et le développement qui manquent cruellement.
Sécurité ou Constitution : quel choix pour Kinshasa ?
Le régime de Félix Tshisekedi est aujourd’hui à la croisée des chemins. L’urgence sécuritaire dans l’Est, avec des millions de déplacés internes, doit être placée en tête des priorités pour restaurer la confiance du peuple Congolais. Les ressources politiques et financières devraient être orientées vers :
1. Le renforcement des capacités militaires pour contenir les groupes armés;
2. Une stratégie diplomatique renforcée pour mettre fin à l’ingérence étrangère;
3. La lutte contre la corruption dans le rang de l'armée pour éviter toute surprise;
4. La réponse humanitaire afin d'accompagner les populations déplacées.
En revanche, une révision constitutionnelle, perçue par certains comme une manœuvre politique, risque de provoquer une crise de légitimité et d’aggraver le climat de mécontentement social et politique en RDC bien que d'un côté cela pourrait dans l'avenir contribuer à la résolution des certains problèmes sociaux jusqu'à présent pendants.
En somme, dans un contexte de guerre, d’insécurité et de détérioration des conditions de vie des Congolais, la priorité pour le régime de Kinshasa doit être sans équivoque : assurer la sécurité du territoire national et répondre aux besoins socio-économiques pressants. Toute tentative de révision constitutionnelle risquerait d’être interprétée comme une distraction politique, au détriment de l’urgence nationale.
Diddy MASTAKI