Le député national Babangu Wababu Paul, élu du territoire d’Irumu en Ituri, a saisi l’Assemblée nationale d’une question orale avec débat adressée à la ministre d’État en charge des Hydrocarbures, Acacia Bandubola Mbongo, au sujet de l’exploitation pétrolière dans le Graben Albertine. Cette initiative s’inscrit dans le cadre du contrôle parlementaire et vise à obtenir des clarifications sur un dossier stratégique pour la République démocratique du Congo.
Un dossier au cœur de la souveraineté nationale
Dans sa correspondance, l’élu d’Irumu rappelle que la loi n°15/012 du 1er août 2015 consacre la souveraineté permanente de l’État congolais sur ses ressources naturelles. Toutefois, il alerte sur les risques liés à l’exploitation déjà avancée du côté ougandais dans les zones transfrontalières.
S’appuyant sur le principe hydrogéologique des « vases communicants », Babangu Wababu redoute une migration des hydrocarbures vers les zones déjà exploitées en Ouganda, exposant ainsi la RDC à une perte de ses réserves avant même le lancement de sa propre production.
Vers une coopération régionale encadrée
Le député interroge également le gouvernement sur les mécanismes envisagés pour assurer une gestion concertée des ressources pétrolières transfrontalières. Il évoque notamment la possibilité d’un accord bilatéral avec l’Ouganda pour accéder aux infrastructures d’exportation, dont l’oléoduc EACOP.
Il insiste toutefois sur la nécessité d’un cadre rigoureux garantissant la souveraineté nationale, la transparence, ainsi qu’un contrôle fiscal strict afin de protéger les intérêts stratégiques de la RDC.
Des attentes claires sur le calendrier pétrolier
Au-delà des enjeux géopolitiques, l’élu d’Irumu exige du gouvernement un chronogramme précis concernant les blocs pétroliers congolais 1, 2 et 3 du Graben Albertine. Il attend des réponses sur la finalisation des contrats, le lancement des travaux d’exploration et d’exploitation, ainsi que la date prévisionnelle du premier baril de pétrole congolais.
Une pression politique accrue sur l’exécutif
À travers cette démarche, Babangu Wababu met l’exécutif face à ses responsabilités devant la représentation nationale. Cette question orale avec débat pourrait ouvrir un débat de fond sur la gouvernance des ressources naturelles, en cohérence avec la vision du président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo.
Joël Heri Budjo