Le gouvernement Congolais considère l’arrivée prochaine d’une commission d’enquête internationale indépendante comme une étape majeure dans les efforts visant à établir les responsabilités sur les crimes commis dans l’Est de la République Démocratique du Congo.
Intervenant à l’issue du dernier Conseil des ministres, la Première ministre Judith Suminwa a annoncé l’arrivée à Kinshasa, le 7 juin prochain, des experts mandatés pour enquêter sur les violations des droits humains dénoncées dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
Pour les autorités Congolaises, cette mission représente une opportunité de documenter de manière indépendante les exactions signalées depuis plusieurs mois dans les zones affectées par le conflit opposant les Forces armées de la RDC à la rébellion du M23, soutenue selon Kinshasa par le Rwanda.
La chefferie du gouvernement a rappelé que cette dynamique s’inscrit dans le prolongement de plusieurs initiatives internationales déjà engagées. Elle a notamment salué la mission actuellement menée en RDC par la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP), présente dans le pays du 25 mai au 2 juin 2026.
Cette mission fait suite à la Résolution 643 adoptée en octobre 2025, par laquelle l’organe africain avait condamné les violations massives des droits humains et les crimes internationaux commis en RDC, y compris des actes qualifiés de génocide.
Judith Suminwa a également évoqué la résolution adoptée en février 2025 par le Conseil des droits de l’homme des Nations-Unies. Ce texte dénonce les graves violations perpétrées dans l’Est du pays et appelle notamment à la cessation des hostilités du M23 ainsi qu’à la fin du soutien rwandais au mouvement rebelle.
Selon le gouvernement, les experts internationaux séjourneront d’abord à Kinshasa avant de poursuivre leurs investigations à Goma, épicentre du conflit dans l’Est du pays. Les conclusions de leur travail devraient contribuer à l’élaboration d’un rapport fondé sur des preuves vérifiées et des témoignages recueillis sur le terrain.
Afin de garantir le bon déroulement de cette mission, la Première ministre a chargé les ministères concernés de mettre en place les dispositifs sécuritaires, logistiques et financiers nécessaires.
Pour Kinshasa, cette enquête internationale pourrait constituer un tournant dans la recherche de la vérité sur les atrocités commises dans l’Est de la RDC et renforcer les mécanismes de redevabilité en faveur des victimes des conflits armés.
Diddy Mastaki