À l'occasion du lancement officiel du programme national « Jeunesse, Gouvernance et Paix en RDC », organisé mardi 30 juin 2026 par WEA (Women and Youth Empowerment Association), une structure dirigée par Juliette Bulenda, des jeunes de toutes tendances ainsi que plusieurs experts réunis pour réfléchir aux défis de la gouvernance et de la paix en République Démocratique du Congo.
Intervenant lors du premier panel, Jacques Djoli Eseng'Ekeli a centré son exposé sur le déficit de formation des élites politiques, qu'il considère comme l'un des principaux freins au développement du pays.
Le professeur a souligné que, malgré les immenses richesses naturelles de la RDC et ses soixante-six années d'indépendance, les résultats en matière de développement demeurent insuffisants.
Selon lui, cette situation s'explique notamment par une élite politique insuffisamment préparée à conduire les transformations économiques et sociales nécessaires.
S'appuyant sur son expérience au sein du Collège des Hautes Études de Stratégie et de Défense (CHESD), il a plaidé pour une meilleure articulation entre la formation civile et militaire afin de bâtir une véritable défense globale et de renforcer les capacités stratégiques des dirigeants.
Le professeur Djoli a également dénoncé le décalage entre les formations universitaires et les besoins réels du pays, regrettant la faible orientation des étudiants vers les filières scientifiques, technologiques, l'ingénierie, l'agriculture et l'innovation.
À ses yeux, la RDC ne pourra transformer son immense potentiel qu'en investissant dans un capital humain compétent et orienté vers la production et le développement.
S'adressant à la jeunesse, il l'a exhortée à privilégier une vision de la politique fondée sur les services publics, la compétence et la transformation de la société, plutôt que sur la seule conquête du pouvoir.
Le développement n'est pas le fruit du hasard, et l'élite politique ne doit pas se construire au hasard, a-t-il conclu.
Rédaction