Dans un contexte marqué par la poursuite de l'insécurité dans l'Est de la République Démocratique du Congo et les débats autour de la révision constitutionnelle, l'ancien ministre François Rubota est monté au créneau pour critiquer la position de la Conférence Episcopale Nationale du Congo (CENCO) et de la plateforme C64. Selon lui, les deux structures devraient prioritairement concentrer leurs efforts sur la défense de l'intégrité territoriale du pays plutôt que sur les actions politiques menées à Kinshasa.
Dans une déclaration rendue publique, François Rubota estime que les manifestations, sit-in, marches et prises de position organisés par la CENCO et la C64 interviennent alors qu'une partie du territoire national demeure sous contrôle de l'AFC/M23, de Twirwaneho et, selon lui, du Rwanda. Il considère que ces initiatives risquent de détourner l'attention des véritables priorités sécuritaires.
L'ancien ministre affirme que les deux organisations devraient davantage se mobiliser pour réclamer la fin de l'occupation des territoires de l'Est, le retrait des forces étrangères et le retour de la paix, plutôt que de mener des actions susceptibles, selon lui, d'accentuer les tensions politiques à Kinshasa.
Poursuivant son intervention, François Rubota reproche également à la CENCO de ne pas accorder suffisamment d'attention aux victimes des violences armées dans l'Est du pays. Il évoque notamment les morts, les blessés, les violences sexuelles ainsi que les déplacements massifs de populations provoqués par le conflit qui oppose les Forces Armées de la RDC (FARDC) aux groupes armés. Abordant le contexte historique, il rappelle les différentes rébellions qui se sont succédé dans l'Est du pays depuis la fin des années 1990, notamment le RCD, le CNDP, le M23 et l'AFC/M23.
Selon lui, ces mouvements ont contribué à installer un cycle d'instabilité durable dans plusieurs provinces orientales de la RDC. François Rubota s'est également adressé au cardinal Fridolin Ambongo, s'interrogeant sur ce qu'il considère comme une évolution de la position de la CENCO par rapport aux précédents appels à l'unité nationale face à l'agression extérieure. Il affirme que les responsables religieux devraient privilégier le rassemblement des Congolais autour des efforts visant au rétablissement de la paix.
Dans son analyse, il estime que les préoccupations sécuritaires devraient primer sur les débats politiques internes tant que plusieurs territoires de l'Est demeurent affectés par les affrontements. Il cite notamment certaines parties des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu qui continuent d'être confrontées aux violences armées.
Enfin, François Rubota appelle la CENCO et la C64 à orienter leurs actions vers les initiatives susceptibles, selon lui, de favoriser le retour de la paix, la restauration de l'autorité de l'État et la défense de l'intégrité territoriale de la République Démocratique du Congo. Il invite également les acteurs politiques, religieux et sociaux à privilégier le dialogue et l'unité nationale face aux défis sécuritaires auxquels le pays reste confronté.
David Aluta