Les divergences persistent entre la République Démocratique du Congo et le Rwanda sur l'application des accords conclus à Washington concernant la question des Forces Démocratiques de Libération du Rwanda (FDLR). Alors que Kinshasa présente la signature d'un protocole de désarmement comme une avancée majeure, Kigali dénonce une initiative contraire aux engagements pris.
Le ministre Congolais de la Communication et des Médias, Patrick Muyaya, a annoncé que, conformément aux accords de Washington et au Concept des opérations (CONOPS) qui y est rattaché, les FDLR ont signé un protocole portant sur leur désarmement, leur démobilisation et leur cantonnement par la sensibilisation.
Selon lui, cette étape constitue un tournant dans la gestion d'un dossier qui, affirme-t-il, est utilisé depuis trois décennies par le Rwanda pour justifier son intervention militaire sur le territoire congolais.
« Conformément aux accords de Washington et au Conops qui y est rattaché, les FDLR ont signé un protocole de désarmement, de démobilisation et de cantonnement (...). Ceci marque un tournant majeur dans la gestion de cette question », a déclaré Patrick Muyaya, précisant avoir détaillé cette évolution avec le ministre de l'Intégration régionale, Floribert Anzuluni, à l'issue d'une tournée Euro-Africaine.
Kigali rejette la démarche
La réaction de Kigali n'a pas tardé. Le ministre Rwandais des Affaires étrangères, Olivier Nduhungirehe, affirme que ce protocole ne figure nulle part dans les accords de Washington.
Selon lui, les FDLR ne sont pas parties prenantes à ces accords, mais en constituent l'objet. Il considère dès lors cette initiative comme une tentative de Kinshasa de retarder l'exécution de ses obligations sécuritaires prévues par le CONOPS et son Ordre opérationnel (OPORD).
Le chef de la diplomatie Rwandaise accuse également les autorités Congolaises d'avoir, depuis la signature des accords du 04 décembre 2025, renforcé leur soutien militaire et politique aux FDLR, notamment à travers l'intégration de certains de leurs éléments dans les FARDC et le rapprochement avec plusieurs personnalités Rwandaises de l'opposition vivant en Europe.
« Les gesticulations médiatiques de cette trinité malfaisante sont un non-évènement », a conclu Olivier Nduhungirehe.
Une lecture opposée des accords
Ces déclarations illustrent les profondes divergences d'interprétation entre Kinshasa et Kigali sur les mécanismes de mise en œuvre des accords de Washington. Tandis que la RDC présente le protocole signé comme une avancée vers la neutralisation des FDLR, le Rwanda estime qu'il s'agit d'une démarche non prévue par les textes et insuffisante pour répondre aux engagements sécuritaires attendus.
Cette nouvelle controverse intervient alors que la communauté internationale suit de près l'application des accords censés contribuer à la désescalade des tensions dans l'est de la République démocratique du Congo.
Diddy Mastaki