En déplacement parlementaire à Bruxelles, le président de l’Assemblée nationale de la République démocratique du Congo (RDC), Aimé Boji Sangara, a multiplié, mardi 8 septembre 2026, les échanges autour des principaux enjeux sécuritaires, économiques et stratégiques auxquels sont confrontés la RDC et le continent africain.
Au cours d’une séance de travail avec les responsables de la Fondation Konrad Adenauer, les discussions ont notamment porté sur la politique étrangère de l’Union européenne, la situation sécuritaire dans l’Est de la RDC, les enjeux environnementaux ainsi que le projet Inga 3 et plusieurs autres initiatives suivies par la fondation en République démocratique du Congo.
Cette séquence diplomatique s’est poursuivie avec un entretien avec Stefano Signore, directeur général adjoint chargé de l’Afrique à la Direction générale des partenariats internationaux de la Commission européenne. Les deux responsables ont notamment abordé les potentialités économiques du Corridor de Lobito, les conséquences sécuritaires et humanitaires de la crise dans la région des Grands Lacs, ainsi que le Couloir vert Kivu-Kinshasa.
Les échanges ont également porté sur les minerais critiques, la préservation de la biodiversité et la traçabilité des ressources minières issues des zones affectées par les conflits.
À cette occasion, Aimé Boji Sangara a fait part de ses réserves concernant l’accord minier conclu entre l’Union européenne et le Rwanda. Il a notamment mis en avant les préoccupations de Kinshasa liées à la situation sécuritaire dans l’Est de la RDC et aux accusations de pillage des ressources congolaises, régulièrement évoquées dans plusieurs rapports des Nations unies.
La journée s’est achevée à la KU Leuven, où le président de l’Assemblée nationale a pris part à une conférence internationale consacrée à la coopération interparlementaire entre l’Afrique et l’Europe.
Devant un public composé d’universitaires et d’experts venus de plusieurs horizons, Aimé Boji a plaidé pour un renouvellement du partenariat entre les deux continents. Celui-ci devrait, selon lui, davantage reposer sur l’interdépendance, l’industrialisation, la transformation locale des ressources naturelles, le transfert de technologies et la création d’emplois.
Le président de l’Assemblée nationale a également insisté sur le lien entre paix, sécurité et développement, estimant que la stabilité demeure une condition indispensable à la réalisation des ambitions économiques et sociales du continent. Il a, dans le même temps, appelé à renforcer la diplomatie parlementaire ainsi que le suivi des engagements pris entre l’Afrique et l’Europe.
À travers cette série de rencontres, Aimé Boji entend ainsi inscrire l’action parlementaire dans une dynamique diplomatique davantage tournée vers la défense des intérêts stratégiques de la RDC. Une démarche résumée par sa volonté de faire évoluer les relations avec les partenaires internationaux « d’un partenariat d’habitude à un partenariat de choix ».
Cette orientation traduit également, selon l’approche défendue par le président de l’Assemblée nationale, la volonté de la chambre basse du Parlement d’accompagner le gouvernement dans la mise en œuvre de ses actions, sous l’impulsion du président de la République, Félix Tshisekedi.
Gloire Malumba