Le député national Berocan Keraure Nono demande au directeur général du Fonds national d’entretien routier (FONER) de justifier la mobilisation et la répartition des financements destinés à l’entretien des routes en République Démocratique du Congo entre 2021 et 2026. Dans une question orale avec débat transmise à l’Assemblée nationale le 21 octobre 2026, l’élu de Mahagi soulève sept préoccupations, notamment les retards de décaissement, les arriérés dus aux entreprises et aux cantonniers, ainsi que le contrôle de l’utilisation des fonds.
La gestion des financements de l’entretien routier s’invite au contrôle parlementaire. Dans sa démarche, Berocan Keraure Nono veut obtenir des données précises sur les recettes mobilisées par le FONER et les sommes effectivement mises à la disposition des agences chargées des travaux routiers au cours des six exercices concernés.
Le document, adressé au président de l’Assemblée nationale conformément aux dispositions du règlement intérieur de la chambre basse, vise à obtenir des explications sur le fonctionnement du mécanisme de financement de l’entretien routier, alors que la dégradation de plusieurs axes du pays continue de susciter des préoccupations.
Pour le député, le réseau routier constitue un élément essentiel de l’intégration nationale, de la circulation des marchandises et du développement des activités socio-économiques. Il estime que l’état des routes soulève des interrogations sur la régularité des transferts financiers, leur transparence et l’exécution effective des programmes d’entretien.
Recettes, décaissements et arriérés au centre des préoccupations
Parmi les sept questions adressées au directeur général du FONER, le député veut connaître le volume global des recettes collectées chaque année et leur ventilation entre les différentes agences d’exécution, notamment l’Office des routes, l’Office des voiries et drainage et l’Office des voies de desserte agricole.
Il demande également des précisions sur le degré d’automatisation des postes de péage et de pesage, afin d’évaluer les dispositifs mis en place pour sécuriser les recettes et limiter les pertes financières.
Autre point soulevé : les retards récurrents dans le financement des programmes d’entretien routier. Berocan Keraure Nono réclame des explications sur leurs causes et sur les solutions envisagées par l’établissement public.
L’élu souhaite, par ailleurs, obtenir un état détaillé des arriérés de paiement dus aux petites et moyennes entreprises congolaises ainsi qu’aux cantonniers engagés dans les travaux d’entretien des routes, notamment à travers les comités locaux d’entretien routier.
Le contrôle de l’utilisation des fonds également questionné
La question orale porte aussi sur les mécanismes de suivi et d’audit appliqués par le FONER pour vérifier que les sommes décaissées se traduisent effectivement par des travaux réalisés sur le terrain, dans le respect des exigences de qualité et de durabilité.
Le député demande enfin quelles réformes sont engagées ou envisagées pour élargir l’assiette des recettes, protéger les ressources contre toute affectation non conforme et améliorer le financement de l’entretien, voire de la réhabilitation, du réseau routier congolais.
Ces préoccupations concernent directement les missions officielles du FONER, chargé notamment de collecter des ressources financières et de financer l’entretien et la protection des routes ainsi que des voiries urbaines relevant de son champ de compétence.
Des réponses documentées attendues du FONER
Dans sa correspondance, le député insiste sur la nécessité d’obtenir des réponses appuyées par des données chiffrées, vérifiables et documentées. Il entend ainsi permettre à la représentation nationale d’évaluer les performances du mécanisme de financement routier sur la période allant de 2021 aux neuf premiers mois de 2026.
Le dépôt de cette question orale avec débat ne constitue toutefois ni une preuve de mauvaise gestion du FONER ni une confirmation des irrégularités éventuelles. Les éléments permettant d’apprécier la mobilisation des recettes, les décaissements et l’exécution des travaux devront notamment ressortir des réponses du directeur général et des documents justificatifs.
À ce stade, le document transmis par Berocan Keraure Nono ne précise pas encore la date à laquelle le directeur général du FONER sera appelé à répondre devant les députés nationaux.
Joël Heri Budjo