Le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, défend depuis ce mercredi 28 octobre 2026 à Genève, en Suisse, les avancées et les ambitions commerciales de la République Démocratique du Congo, à l’occasion du troisième Examen de la politique commerciale du pays devant l’Organisation mondiale du commerce (OMC). L’objectif est notamment de renforcer la crédibilité de la RDC auprès des investisseurs, d’accéder à l’assistance technique et aux financements, de protéger la production locale et de consolider son intégration dans la Zone de libre-échange continentale Africaine (ZLECAf).
Entouré des experts de la Présidence de la République et de plusieurs ministères, Julien Paluku Kahongya présente aux représentants des pays membres de l’OMC les réformes engagées par le gouvernement Congolais, les résultats enregistrés et les défis qui restent à relever.
« Au nom du gouvernement et du peuple Congolais, je vous remercie de nous accueillir pour le troisième examen de la politique commerciale de la République Démocratique du Congo, dix ans après celui de 2016. Cet exercice revêt une importance particulière pour mon pays, en ce qu’il nous offre l’occasion de rendre compte en toute transparence des progrès accomplis et des défis qui subsistent, tout en présentant aux membres de l’OMC la vision qui guide désormais la transformation de l’économie congolaise », a déclaré le ministre.
Cinq axes pour transformer le potentiel économique en richesse
Dans son intervention, Julien Paluku a articulé la politique commerciale congolaise autour de cinq axes majeurs. Le premier porte sur le passage du potentiel économique à la transformation, de 2016 à 2026. Le deuxième concerne les réformes destinées à stimuler la production, l’investissement et les échanges commerciaux.
Le troisième axe met l’accent sur la diversification de l’économie à travers l’agriculture, l’industrie et l’économie verte. Le quatrième vise le développement des infrastructures, la connexion des marchés et la sécurisation des corridors logistiques. Enfin, le cinquième porte sur la diplomatie commerciale et économique, avec l’ambition d’ouvrir de nouveaux marchés et de renforcer l’engagement de la RDC au sein de l’OMC et des autres organisations internationales à vocation commerciale.
Cette orientation s’inscrit dans la vision du président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, mise en œuvre par le gouvernement dirigé par la Première ministre Judith Suminwa Tuluka, à travers le Programme d’action du gouvernement et le Plan national stratégique de développement.
Selon les données présentées par le ministre, malgré la pandémie de Covid-19, les chocs extérieurs et l’insécurité persistante dans l’Est du pays, l’économie Congolaise a enregistré une croissance de 5,7 % en 2025. Le taux d’ouverture commerciale est, quant à lui, passé de 35,3 % en 2016 à 44,6 % en 2025.
Pour le gouvernement, l’enjeu ne consiste toutefois pas uniquement à intensifier les échanges, mais également à en améliorer la composition, en privilégiant la transformation locale des ressources et les exportations à plus forte valeur ajoutée.
À ce titre, le ministre a mis en avant la Stratégie de promotion des exportations et de diversification des marchés (SPED), adoptée en 2024. Celle-ci comprend 16 objectifs sectoriels, trois objectifs transversaux et 154 interventions destinées à mieux relier la production, la qualité, le financement et l’accès aux marchés.
« Notre ambition n’est plus seulement d’exporter davantage de matières premières, elle est d’exporter mieux, avec davantage de valeur ajoutée profitable au peuple producteur que nous sommes », a souligné Julien Paluku.
Des réformes pour faciliter les échanges
Le ministre du Commerce extérieur a également insisté sur les avancées liées à la ratification de l’Accord de l’OMC sur la facilitation des échanges. Selon lui, cet instrument a contribué à consolider l’intégration de la RDC dans le système commercial multilatéral.
Les réformes engagées concernent notamment la dématérialisation des procédures d’importation, d’exportation et de transit des marchandises, la coordination des services intervenant dans les opérations commerciales ainsi que la publication des coûts et des délais officiels des procédures.
Le secteur privé contribue à cette dynamique à travers le Portail d’informations commerciales (PIC), destiné à améliorer l’accès des opérateurs économiques aux informations nécessaires à leurs activités.
L’OMC salue les efforts Congolais
De son côté, la directrice générale de l’OMC, Ngozi Okonjo-Iweala, a salué les efforts fournis par la RDC pour améliorer le climat des affaires.
Ce troisième examen de la politique commerciale constitue ainsi une occasion pour Kinshasa de présenter ses réformes, de consolider la confiance de ses partenaires et de mettre en avant les opportunités offertes par son marché.
Rédaction