En République Démocratique du Congo, le bras de fer se durcit entre le gouvernement et le corps médical. Réunis en assemblée générale à Kinshasa, les médecins des hôpitaux publics, membres du Syndicat national des médecins (SYNAMED), ont voté le passage à la vitesse supérieure. Ils lancent l’opération « Hôpitaux sans médecins » sur toute l’étendue du territoire national, du 07 au 16 juillet 2026.
Pour le Dr Jhon Senga Lwamba, secrétaire exécutif national du Synamed, cette radicalisation de la grève est la conséquence directe du silence de l'exécutif face à leurs revendications. Le leader syndical pointe particulièrement du doigt l'attitude de la Primature, regrettant qu'en dépit de l’instruction du président de la République adressée à la Première ministre d'ouvrir le dialogue social, la cheffe du gouvernement soit restée indifférente, ce qui traduit selon lui un mépris à l’égard des médecins et de la population.
Face à cette situation, le bureau exécutif national a acté le démarrage du mouvement ce mardi 07 juillet 2026 dès 7h30. Le mot d'ordre est national, mais le SYNAMED a choisi d'adapter sa stratégie à la réalité sécuritaire et humanitaire du pays. Ainsi, trois des 26 provinces de la RDC sont officiellement exemptées de ce débrayage total : l’Ituri, le Nord-Kivu et le Sud-Kivu, trois zones de l'Est durement touchées par les crises. Dans le reste du pays, un protocole de service minimum a été instauré pour éviter un drame sanitaire généralisé.
Le syndicat précise que seuls les services d’urgence et les banques de sang resteront fonctionnels. La prise en charge des cas critiques sera organisée via un système de polarisation dans des structures ciblées, sous la supervision directe des médecins directeurs, des chefs de département et des chefs de staff.
Le SYNAMED exhorte enfin ses bases à maintenir une mobilisation totale et à observer scrupuleusement ces directives jusqu’à la satisfaction complète de leurs revendications.
Gloiredo Ngise