La Zone de Santé rurale de Mongbwalu, située à 90 km de Bunia, fait face à une crise sanitaire majeure. Selon le premier rapport de situation (SITREP N°1) de la Division Provinciale de la Santé (DPS) de l’Ituri, plus de 100 décès inhabituels ont été enregistrés depuis le 1er avril 2026 entre l’hôpital général et la communauté.
L'inquiétude est maximale à l’Hôpital Général de Référence (HGR) de Mongbwalu, où le taux de mortalité en médecine interne a bondi de 9 % en avril à 31 % en mai. Signe de la dangerosité de la pathologie, quatre professionnels de la santé sont morts en l'espace de quatre jours.
Des symptômes sanglants mais des tests négatifs
Les patients présentent un tableau clinique violent : forte fièvre, maux de tête, vomissements noirâtres et saignements (nez et vomissements de sang). Pourtant, les tests préliminaires menés sur place ont exclu les suspects habituels : Ebola Zaïre, M-pox, dengue, peste, choléra et paludisme grave. Les autorités privilégient l'hypothèse d'une fièvre hémorragique aiguë (FHA) d'origine encore indéterminée.
En parallèle, la psychose s'empare de la population. Une rumeur de cause mystique entoure notamment le décès de 15 membres d'une même famille dans l'aire de santé de Mongbwalu, survenu après la mort suspecte d'un pasteur local.
La riposte s'organise face aux failles de sécurité
Sur le terrain, l'Équipe d'Intervention Rapide tente de contenir la propagation malgré des scores de sécurité sanitaire (hygiène et contrôle de l'infection) très faibles dans les structures locales.
Plusieurs mesures d'urgence ont été activées : le renforcement de la surveillance active dans trois aires de santé clés ; le pré-listage et le suivi des premiers cas contacts ; et la sécurisation des corps lors des enterrements pour éviter les transmissions communautaires.
Les autorités provinciales ont alerté la hiérarchie nationale afin d'obtenir des renforts épidémiologiques et d'identifier précisément le virus en cause.
Gloiredo Ngise