Face à la propagation de la maladie à virus Ebola, souche de Bundibugyo, le député national élu de l’Ituri Gracien Irachan appelle à une réponse sanitaire rapide, estimant que les réalités sociales et culturelles des communautés congolaises doivent être pleinement prises en compte dans la stratégie de riposte.
Pour l’élu de l’Ituri, la solidarité familiale et les traditions rendent particulièrement difficile l’application de mesures de distanciation lorsqu’un proche tombe malade ou décède.
« En Afrique, on n’abandonne pas les siens. Pour éviter la propagation du virus, la riposte doit être efficace au risque d’une auto-prise en charge dans les communautés affectées », déclare Gracien Irachan, député national élu de l’Ituri.
Il estime qu'en cas de retard dans l’intervention des équipes de riposte, les familles finissent naturellement par prendre en charge leurs proches malades ou par organiser elles-mêmes les funérailles des personnes décédées, parfois sans équipements de protection.
« Notre solidarité, nos liens familiaux et nos coutumes font qu’une communauté ne peut rester indifférente devant l’un des siens malade ou décédé, même lorsqu’Ebola est suspecté », souligne Gracien Irachan.
Selon lui, cette réalité peut transformer chaque retard dans la prise en charge en un facteur supplémentaire de propagation du virus.
« La réponse ne peut donc pas seulement demander aux communautés de changer leurs comportements : elle doit être rapide et disponible à leur service. À chaque alerte doit correspondre une intervention immédiate », insiste le député.
Plus de 4 500 cas confirmés selon les chiffres communiqués
Cette réaction intervient alors que les dernières données communiquées par l’Institut national de santé publique (INSP) font état, au 11 août 2026, de 4 566 cas confirmés dans les cinq provinces touchées : Ituri, Nord-Kivu, Sud-Kivu, Haut-Uélé et Tshopo.
Le bilan fait également état de 2 128 décès, soit un taux de létalité de 46,6 %, tandis que 918 patients ont été déclarés guéris. Quelque 570 patients seraient actuellement en isolement ou hospitalisés. Le suivi des contacts atteint, selon le rapport cité, 82,4 % au niveau national.
L’Ituri reste particulièrement touchée
Sur les 53 zones de santé affectées, l’Ituri concentre la majorité des zones touchées, avec 28 zones sur les 36 que compte la province.
Parmi les zones concernées figurent notamment Bunia, Mambasa et Mongbwalu, dans un contexte où les autorités sanitaires poursuivent la mobilisation des équipes médicales et des structures de prise en charge.
Le Nord-Kivu compte pour sa part 12 zones de santé affectées sur 34, tandis que la Tshopo en compte six sur 23.
Au Sud-Kivu, seule la zone de santé de Miti-Murhesa reste affectée et totalise, selon l’INSP, 76 jours sans nouveau cas confirmé.
« À chaque alerte doit correspondre une intervention immédiate », estime le député.
L’INSP indique poursuivre la mobilisation des centres de traitement, des ambulances et des équipes médicales, tout en appelant les populations à signaler rapidement tout cas suspect.
L’institut insiste également sur le respect des procédures d’enterrements dignes et sécurisés, particulièrement importants dans la lutte contre la transmission du virus.
Pour Gracien Irachan, l’enjeu dépasse donc la seule sensibilisation des populations. Il s’agit surtout, selon lui, de faire en sorte que les services de riposte soient suffisamment rapides et accessibles pour éviter que les familles ne soient contraintes de prendre elles-mêmes en charge les situations d’urgence.
Diddy Mastaki