La prise en charge des malades de la 17ᵉ épidémie de maladie à virus Ebola connaît de nouvelles difficultés dans l’est de la République Démocratique du Congo (RDC). À Beni, au Nord-Kivu, les deux centres de traitement d’Ebola (CTE) ont atteint, puis dépassé leurs capacités d’accueil depuis plusieurs jours, sous l’effet de l’augmentation du nombre de cas confirmés et suspects.
Selon les responsables de la riposte, cités lundi 2 novembre par Radio Okapi, près de 80 patients sont actuellement pris en charge dans ces structures, dont une dizaine d’enfants âgés de neuf mois à douze ans. Plusieurs de ces jeunes malades sont des élèves scolarisés dans des établissements de la ville.
La pression sur les infrastructures sanitaires s’explique également par l’étendue de leur zone de couverture. Les deux centres accueillent non seulement les patients de la zone de santé de Beni, mais aussi ceux provenant des zones voisines de Mutwanga, Oïcha, Kalunguta et Mabalako.
« Nous avons largement dépassé les différentes capacités d'accueil dans nos structures de prise en charge à Beni. Initialement, nous étions dans une capacité d'environ 60 lits dans les deux centres de traitement Ebola », explique le docteur Jérémie Muhindo Katsavara, président de la commission de prise en charge de la riposte contre Ebola à Beni.
Face à cet afflux, le gouvernement et ses partenaires envisagent d'accroître les capacités d'hospitalisation. Des travaux d'extension des infrastructures existantes sont en préparation, tandis que la construction de nouvelles structures est également envisagée.
« Le gouvernement travaille avec ses partenaires pour accroître les différentes capacités d'accueil et construire d'autres structures de prise en charge », précise le Docteur Jérémie Muhindo.
Au-delà de la saturation des centres, la présence croissante d'enfants parmi les patients constitue une autre source de préoccupation pour les équipes sanitaires. Une dizaine d'enfants, âgés de neuf mois à douze ans, figurent parmi les quelque 80 malades actuellement pris en charge. Plusieurs sont scolarisés, ce qui soulève des interrogations sur les circonstances de leur contamination.
« Nous notifions actuellement des cas d’élèves qui développent la maladie. Mais la question que nous devons tous nous poser est de savoir s’ils se contaminent à l’école ou à la maison », souligne le responsable sanitaire.
Cette situation suscite des inquiétudes chez certains parents et responsables d'établissements scolaires. Les autorités sanitaires appellent ainsi les écoles à renforcer les mesures de prévention et les dispositifs de surveillance afin de limiter les risques de transmission du virus dans le milieu scolaire.
Dans ce contexte, l'identification et le suivi des personnes ayant été en contact avec les malades restent essentiels pour interrompre les chaînes de transmission et prévenir l'apparition de nouveaux foyers de contamination, aussi bien dans les établissements scolaires que dans les communautés.
Gloire Malumba